AÏ-KI-DÔ d'un Maître Zen : AÏ-KI-DÔI
Au coeur des relations. Au-delà de la martialité. Évoluer en Humanité.

Témoignages

Les livres et ouvrages portant sur ce thème sont en général austères. L'humour parfois y réside, mais rarement. La Voie, quoique difficile, conduit à un grand éclat de rire. Je souhaitais donc que ces pages en soient le reflet. Je pensais à une bande dessinée, mais je n'avais pas le don de dessinateur. C'est à cette pèriode que j'ai rencontré un être d'une intelligence, d'une expèrience, d'une intuition remarquables et d'un superbe coup de crayon : José Santos Nalda Albiac. L'humour et le rire rythmèrent notre première rencontre. Et l'aventure graphique commença. Ses dessins tombaient à pic, donnant les respirations nécessaires aux lignes noircies. Souvent dans la dérision respectueuse, il soulignait, mettait en relief d'un coup de maître ce qui était écrit. Il y avait maintenant l'exact reflet de ce que je souhaitais présenter. J'espére que cette originalité vous conduira au fil des pages vers votre vraie nature, comme maître Zen Alain Kaisen Krystazesk m'y conduisit. Les anecdotes secoueront peut-être vos certitudes comme m'ébranlérent les remarques de maître de hatha yoga, Guy Lemonnier. Ces essais ne sont pas une biographie. J'ai relevé quelques èriences qui paraissent pouvoir aider le lecteur. Que ces écrits et dessins vous fassent appréhender le Kôfuku que maître Hirokazu Kobayashi, me prédit sur des nattes japonaises, autour d'une bouteille de cognac. Il m'apprit le vrai état d'esprit du disciple illustré dans son art. Le Kôfuku est le grand bonheur de l'Éveil, éclairé par la lucidité et éclairant chaque instant du quotidien. L'utilité de la Voie ? Vivre...!

Daniel Lazennec

TEMOIGNAGES : Monseigneur Gall

Au Coeur de la Vie


Monseigneur Gall, prêtre orthodoxe : " Le préfacier en principe présente le livre. Mon ami Montagne de Paix m'en voudra-t-il si je déroge un peu pour dialoguer avec lui ? En 1989, quand, à la suite d'une réunion, nous t'avons invité à passer quelques heures en notre maison périgourdine et que vous nous avez fait à ma demande une démonstration d'aïkido dans la grande cuisine (sans tatami), je suis demeuré quelques instants rêveur : j'avais l'impression d'avoir quitté la planète. Bien sûr avant et après le spectaculaire, les échanges avaient déjà volé, plané, virevolté en des couches éthériques qui ne sont pas celles des contacts quotidiens. Et quand avec un sourire malicieux, tu me dis : « Si je vous apprends, Père Gall, que je suis communiste, quelle sera votre réaction ? », j'avoue avoir été interloqué durant quelques brèves secondes. Surpris sans doute, étonné non pas. J'ai connu et eu suffisamment d'amis dans ce parti pour savoir que si la spiritualité et les recherches métaphysiques n'étaient pas toujours leur premier souci, c'étaient du moins des idéalistes au grand coeur pensant travailler concrètement à la construction d'un monde plus juste, plus humain, plus fraternel.
La recherche d'une vie intérieure exige, condition sine qua non, la pureté, c'est-à-dire de garder quelque chose de l'enfance ; nul calcul, nulle arrière-pensée ne l'entravent ni ne la faussent. C'est ce que j'ai senti particulièrement dans votre couple ce soir-là et les années ont passé sans que mon opinion ait varié. Tant pis, chère Marie, cher Daniel, si votre modestie doit en souffrir.

Quant à ce livre que je dois préfacer, ami et frère en l'Incréé, tu sais que je le fais vraiment en cédant à ton insistance. Car j'ai pensé sincèrement que mon écrit n'en servirait pas la diffusion, eu égard à la modestie de ma personne, et que bien d'autres personnages connus auraient dû être sollicités plutôt que moi. L'amitié a prévalu sur l'intérêt. J'en suis ému et t'en remercie, mais tant pis pour toi. Pouvais-je donc refuser cet honneur? Je m'exécute en sollicitant la patience et l'indulgence de tes lecteurs.
Arrivé à un âge assez avancé je m'étonne toujours avec la même naïveté de ce que le langage ne réussisse pas à rapprocher les êtres, mais plus souvent à les diviser. N'ayez pas peur, je ne vous parlerai pas de l'Esperanto. Non, je ne veux pas parler d'une technique de langage ou de communication, mais de l'échange par la parole, l'écrit, le témoignage d'expériences devant permettre, selon l'Écriture, et dans la mesure où les locuteurs ont le coeur et l'esprit purs, de :
« Rendre droits les passages tortueux, combler les ravins, abaisser les montagnes, raboter et niveler les chemins, afin que toute chair voie le Salut du Seigneur. » Disons, pour mieux rester dans l'esprit du livre, se Réaliser, s'Éveiller.
Un autre passage souhaite « Paix sur la terre et aux hommes, bonne volonté ». PAIX et BONNE VOLONTÉ sont inséparables, la première ne saurait exister sans la seconde. Hélas, durant des siècles, le tissu même de l'histoire des religions est tramé d'incompréhensions, de rejets, de violences, de persécutions, alors que l'essentiel de leur message, à toutes, c'est l'AMOUR.
En tant que prêtre chrétien je citerai trois phrases de Jésus :
« Ôtez d'abord la poutre qui est dans votre oeil avant de songer
à retirer la paille qui est dans l'oeil de votre voisin. »
Soit : Humilité.
« Celui qui n'est pas contre nous (vous) est pour nous (vous). »
Soit : Respect de la différence.
« Faites aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fassent. »
Soit : Altruisme, bienveillance, amour.
Bien d'autres sages ont dit les mêmes choses par ailleurs. En cultivant cette attitude à trois niveaux : humilité, respect, compassion ou amour, la vie terrestre serait presque déjà l'Éden. Un autre sujet d'étonnement aussi vieux que moi, c'est la tendance de l'homme à rejeter ce qui lui est inconnu ou à rejeter plus exactement ce qu'il ne connaît que par ouï-dire avant de s'informer réellement par lui-même.

Il ne s'agit pas de faire un cocktail de toutes les doctrines, une salade tellement composite qu'elle finirait par ne plus avoir ni goût ni parfum... Entre un "syncrétisme kaléidoscopique" et des regards de curiosité bienveillante portés autour de soi afin de capter toutes les richesses spirituelles de l'humanité il y a une marge... j'allais dire de sécurité. Eh non, je me reprends, car qui dit recherche de sécurité témoigne de la peur. Et la peur est mauvaise conseillère, c'est bien connu. Et le refus du dialogue, des échanges enrichissants, des expériences conduit tôt ou tard aux divisions, à la guerre, à la souffrance, à la mort, à toutes les morts.
« Dans des sentiers que nul n'a foulés, risque tes pas ; dans des pensées que nul n'a pensées, risque ta tête » disait mon ami Lanza del Vasto.
Bien sûr encore une fois il n'est pas question de s'éparpiller, de butiner de fleur en fleur, de vouloir tout assimiler, au risque d'une superficialité négative. Tout n'est pas également bon pour chacun et pour tous. Trop de différences dans l'être humain.

Cependant, ce qu'on ne peut pas assimiler, qu'on ne peut pas adopter, qu'au moins on n'en parle qu'en connaissance de cause, sans rejet critique, en disant comme le renard de la fable : « Ils sont trop verts. »
Notre ami Daniel-Montagne de Paix avait-il vraiment besoin que je présente (aussi mal) son livre ?... Les lecteurs apprécieront par eux-mêmes la richesse, la profondeur de ses diagnostics, de certains aphorismes, presque des Koan, et j'avoue humblement ne pas avoir toujours tout compris. Il me faudra le relire. Il est vrai que s'il s'est comparé au ouistiti — que c'est mignon un ouistiti — "moi" (puisqu'il faut mettre son ego entre guillemets), je serais plutôt du genre chimpanzé ou même macaque.
Pour les lecteurs qui seraient adeptes de la Révélation (du Livre : juifs, chrétiens, musulmans), qu'ils n'aient ni crainte, ni méfiance. Montagne de Paix les rassure d'ailleurs. Comme prêtre orthodoxe, je ne trouve en cette pratique qu'aide et préparation pour mieux me mettre "en présence de Dieu". Nombre d'auteurs ont déjà traité des analogies existant entre l'enseignement des Textes Sacrés, les recherches et expériences spirituelles tout au long des siècles et la Pratique, objet de ce livre : Davy, De Smedt, Durckheim, Kadawaki, Lassalle..., et bien d'autres encore.
Libéré de la suprématie exclusive et frénétique du "moi objectif", ce mode de conscience, « c'est la conscience intérieure fondamentale de la mystique et de l'ésotérisme de toutes les religions » (Durkheim).


Monseigneur GALL, prêtre orthodoxe.

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