AÏ-DÔI
Une autre manière d'agir et d'être

Extrait du livre "la force de la douceur"

Les femmes vont développer la grâce et la rondeur, qui sont des traits féminins.
Les enchaînements sont construits à partir de la façon de se déplacer de la dynamique relationnelle. Ils naissent du centre vers la terre et se répercutent jusqu’aux éventails, comme circulent les ondes dans le corps, dans les autres parties de l'ÂÏ-DÔI.
L'appui des éventails sur l'air et sa résistance augmentent les sensations des mains, des poignets et tout le corps est influencé par cette perception. Cela entraîne la nécessité d'être bien centré, car cette réaction déstabilise et crée un frein dans l'élan du mouvement.
Les femmes réalisent leur gestuelle ensemble pour se synchroniser. Elles harmonisent leurs gestes par une respiration tranquille et profonde. La délicatesse, la précision, la présence et le calme de ces enchaînements, par¬fois lents ou rapides, sont aussi un enchantement pour le spectateur. Suite.

D.Lazennec

Questions à D. LAZENNEC :

Dans ce monde où la femme est souvent agressée, pourquoi faire un travail différent entre l'homme et la femme ?

" Grande question, Madame ou Mademoiselle !

Jusqu'en 1989, j'ai pu observer dans le monde des arts martiaux fréquentés (judo, deux formes de karatédo, quatre formes d'aikido) que les relations homme/femme sur les tatamis et à l'extérieur reflétaient très souvent des compensations de souffrances relationnelles : l'homme dominant la femme, la femme essayant de reprendre le dessus pour se faire respecter, reconnaître, etc.

J'ai aussi remarqué que l'usage des "armes" dans l'aïkido, même dans l'aïkido transmis par Maître Kobayashi (aïkijodo et aïkikendo) engendrait un mal-être chez mes homologues féminins. J'ai mûri une autre manière d'être ensemble qui aiderait les unes et les autres à bâtir autre chose que ce qui nous a conduit aux comportements énoncés au début de ce paragraphe.

Un jour d'avril 1989, à Tottori, j'ai exposé cela à Maître Kobayashi. Il a reconnu que ce type de relation existait réellement et a approuvé la façon de gérer l'espace et ce style de nouvelles relations proposé.

Quand à l'utilisation des armes, j'ai parlé d'"outils", appellation qu'il m'a confirmée. Lorsque Maître Kobayashi utilisait ses "armes", aucun bruit ne se faisait entendre, il répétait "oto naï", pas de bruit, ni de dualité... Donc, proposer aux femmes d'utiliser un éventail à la place des jo et bokken ? Sa réponse fut "les éventails avaient des lames". Ceux que je proposais n'en avait pas et les mouvements réalisés s'appuyaient sur les formes de "katas" de Maître Kobayashi et sur d'autres enchaînements : ils développaient la douceur attentive, l'attention profonde. Il a semblé être interrogé par ces dernières propositions qu'il n'a ni approuvées ni désapprouvées.

Ma compagne a pris cela en mains et nous avons travaillé conjointement.

Les femmes utilisent, comme les hommes, les bâtons pour étudier les placements et la notion de temps d'action et l'aspect pédagogique (coeur, conscience, ego). Lors du travail à deux et plus, avec les bâtons ou sabres (remplacés ici par un outil de bois issu du kyosaku du zen), les hommes travaillent entre eux et elles, les éventails, sauf dans l'étude de saisie de bâton.

Après ces dix-sept années passées, ces formes ont montré que la direction est bonne. Les femmes et les hommes en apprécient pleinement le vécu et les effets : un respect mutuel."

 

Ça vient d'où ?

Quelles différences entre l'AÏKIDO et l'ÂÏ-DÔI ?

Comment "peut-on se permettre" de modifier l'AÏKIDO, de quel droit, avec quelle légitimité ?

Quand je regarde votre film "La force de la douceur, l'esprit du XXIe siècle en action", je ne vois pas de différence avec ce que je connais de l'AÏKIDO ?

Le titre du film "l'esprit du XXIe siècle en action", me semble prétentieux !

Dans ce monde où la femme est agressée, pourquoi faire un travail différent entre l'homme et la femme ?

Y a t'il des grades à l'ÂÏ-DÔI ?

Je souhaite essayer. Dans quelle tenue dois je venir ?