AÏ-KI-DÔ d'un Maître Zen : AÏ-DÔI
Au coeur des relations. Au-delà de la martialité. Évoluer en Humanité.

Extrait du livre "la force de la douceur"

Pratiquant les arts martiaux depuis vingt-cinq ans et m'y adonnant avec gourmandise depuis quinze ans, j'ai pu observer sur moi-même et dans certaines situations, des réactions qui ont alimenté le cheminement aboutissant à cette discipline qu'est l'Aï-Dôi. Les vingt-deux ans de hatha yoga ont développé ce corps vivant par cette conscience cellulaire dans l'opiniâtreté et la douceur. Ils ont fait naître la reconnaissance d'une vie biologique profonde que chaque instant découvre dans le merveilleux mystère qui échappe à l'humain même s'il sait cloner un humain à trois pattes... déséquilibré cérébralement. Ce fait engendre un respect du vivant et replace l'être en tant que fruit de l'univers et non en tant que maître de l'univers. Une forte humilité qui n'est pas soumission mais devient épousailles actives et conscientes des lois biologiques par lesquelles l'homme est régi. C’est donc à partir du corps vivant que cette lucidité naît et non d'une construction sociale et intellectuelle ou d'une seule construction intellectuelle.Suite.

D. Lazennec

TEMOIGNAGES : Docteur Paul Chauchard

Docteur Paul Chauchard, neuro biologiste et neuro pédagogue, Président honoraire de la Sorbonne :

"Nous vivons dans un monde dénaturé et dénaturant, d'insatisfaction et d'incohérence.
Il est source de violence physique ou psychique et entraîne un état pathologique de déséquilibre pour l'agresseur comme pour l'agressé.
S'il faut lutter contre les raisons sociales de la violence, c'est qu'elle est inacceptable car déshumanisante, comme le montre la connaissance des mécanismes de l'agressivité.
Les travaux de Lorenz et de Karli l'ont bien expliqué. On ne saurait donc se défendre de la violence par la violence et il ne serait pas meilleur de subir dans la résignation ou de s'échapper par la fuite, comme Laborit en fait l'éloge.
La violence est un phénomène proprement humain, naturel mais dénaturant car l'homme peut se libérer des mécanismes animaux de limitation de la violence intraspécifique à l'espèce, de l'inviolabilité du territoire ou du respect d'une hiérarchie justifiée.
Par exemple, le loup tend son cou à l'agresseur, ce qui arrête le combat.
La violence qui apparaît comme un signe de force est en réalité une manifestation de faiblesse, un indice de peur. L'homme est un être social qui a besoin de bonnes relations avec les autres, dans l'égalité respectueuse des différences mais il a peur des autres et attaque pour ne pas être attaqué.
Prêcher la nécessité hygiénique de la douceur et de l'amour ne sert à rien si on y voit une impossible faiblesse inefficace. Il n'y a là rien de tentant pour le dynamisme de la jeunesse qu'il ne s'agit pas de refouler.
Laborit a bien démontré les déséquilibres psychosomatiques de l'inhibition de l'action. Mais il est une autre action qui est AGIR SUR SOI. Agir sur soi, non pour se refouler ou se défouler, mais pour se contrôler dans la lucidité, le calme et la paix intérieure. Ceci en toutes circonstances.
S'entraîner à une relaxation qui est tout le contraire du négatif sous lequel la plupart des occidentaux profanes le perçoivent. La relaxation est une active tendresse qui n'a rien à voir avec une mollesse de désengagement.
Cette action sur soi est un difficile combat, mais un combat non-violent qui nous fait sentir la force et l'énergie de la douceur qui est lucidité vigilante lace à la violence aveugle. C'est donc un comportement libérateur.
Il est à l'opposé des illusions des fausses libertés spontanées où la volonté n'est pas le volontarisme déséquilibrant de la violence contre soi. Cette douce volonté, cette résolution est un exercice de la fonction cérébrale de contrôle célébrée et enseignée par le docteur Vittoz.
C'est la terrible erreur de l'occident de désincarner l'âme en la séparant du corps, la rendant ainsi inefficace.
Le combat non-violent, c'est être présent à son corps, au monde et aux autres. Cette présence s'exprime dans la vigilance. L'humain peut donc se calmer par la réceptivité sensorielle et le contrôle de l'imagination.
C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre la valeur et la justesse efficaces des arts martiaux. C'est ceci qu'il faut sentir dans leur pratique ou tenter de les pratiquer en ne les confondant pas avec une agressivité violente.
C'est un combat beaucoup plus efficace car vigile, où on ne se laisse pas convaincre d'attaquer un innocent bouc émissaire. Bouc émissaire sur lequel on détourne notre agressivité aveugle.
Ainsi les arts martiaux ne sont pas seulement une manière juste et efficace de se défendre : ils rentrent totalement dans le cadre des techniques de neuropédagogie, par la conscience que l'on porte à la totalité de son être. Les arts martiaux apprennent à se conduire en homme vrai, en fonction de la vocation inscrite dans les lois du bon fonctionnement de notre cerveau.
S'humaniser et humaniser, c'est-à-dire amoriser, apprendre à aimer en est la conséquence.
Évoluer et se défendre mieux, en fait, il s'agit de notre équilibre général, de toute notre vie individuelle et sociale. Il s'agit de travailler pour cette société de tendresse, cette vraie société humaine que Teilhard de Chardin prophétisait sous le nom de noosphère.

 

Pour commander le livre, connectez vous sur le site boutique.feo2.org