Archives de la catégorie ◊ Journaux ◊

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• 25 décembre 2010

Bonjour à toutes et tous,

Le site internet « Génération Tao » vient de réaliser un interview de Maître Daniel Lazennec. Retrouvez l’intégralité de cet interview ci-dessous.

Bonnes fêtes de fin d’année et à très bientôt.

Djamel

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GTao : Daniel Lazennec, quels sont les éléments qui vous ont déterminé dans votre envie de soutenir la FIPAM ?

Daniel Lazennec : D’une part, la préservation de l’enseignement des anciens, les Budo, que l’on a improprement appelés les arts martiaux. La signification japonaise, je le rappelle, n’est pas celle-ci, elle désigne le chemin pour attraper la lance et déposer les armes. En d’autres termes c’est aussi le chemin pour débusquer l’ego par l’entraînement et l’éducation et le déposer à terre, qu’il devienne serviteur de la conscience et du cœur plutôt que tyran des êtres. Autrement dit, les Budo nous engagent vers un monde pacifiant. C’est cette dimension, à la fois éducative et humaniste, qui m’intéresse depuis plus de 40 ans.  D’autre part, l’idée de collecter des informations pour les générations futures m’a beaucoup intéressé. Car je m’aperçois aujourd’hui que la recherche de sagesse, très présente dans les années 70, a souvent laissé place à la domination et au monde égotique. La transmission constitue donc un élément essentiel de ma démarche. Enfin, l’aide que veut apporter la Fondation aux anciens est primordiale. J’ai donc proposé à Thierry Plée d’organiser ce symposium pour favoriser l’échange, l’éducation et faire évoluer les consciences.

GTao : Puisque c’est le sujet du dossier dans ce numéro, qu’entendez-vous par « conscience » ?

D. L. : Il existe plusieurs consciences. La première se manifeste dans nos paroles et dans nos actes : n’avez-vous pas déjà agi ou prononcé des paroles qu’au fond de vous-même vous n’auriez pas eu envie de dire ou de faire ? La perception d’avoir agi en dehors de votre conscience. Ainsi vous n’étiez peut-être pas d’accord avec deux personnes, deux dynamiques en vous-même, et pourtant c’était vous-même… La deuxième, c’est être conscient de nos attitudes au quotidien. La troisième, c’est la conscience spécifique à chacun de nos cinq sens. Auxquels on peut ajouter un sixième sens : la bioconscience. Elle est constituée de toutes les lois de base de l’être humain, comme la conscience de la loi de la gravité, de la maîtrise de la respiration qui agit sur nos comportements, de notre schéma corporel et de nos sensations internes, de l’impermanence et de l’interdépendance tout comme la lucidité sur la transformation incessante des phénomènes. Cette bioconscience régule les hémisphères du cerveau. C’est une dimension cachée chez l’être humain qui ne demande qu’à grandir et que les transmetteurs des Budo pourraient éveiller chez leurs élèves. Il y a aussi la non-conscience, un état de concentration que l’on connaît dans la voie du Zen. C’est un état de vacuité, appelé le « nirvana » en sanscrit. Puis il y a une conscience qui regroupe toutes les consciences dont je vous ai parlées. C’est un ensemble de consciences que nous sommes amenés à activer et à réactualiser d’instant en instant, on obtient alors un être complet.

GTao : Pourquoi avoir choisi le thème de la violence pour ce premier colloque ?

D. L. : La violence est aujourd’hui partout présente : en politique, dans les entreprises, dans les familles… C’est une donnée basique du comportement égotique de l’humain. Or, Gichin Funakoshi, le fondateur du Karaté, nous dit : « L’essence du Karaté est la non-violence » ; Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkidô, appelle son art « la voie de la paix ». Mais ce n’est pas ce que l’on voit aujourd’hui le plus dans les enseignements des « arts martiaux ». Les techniques s’expriment en violence, autour de la domination et de la soumission, de la défense et de l’attaque, et pas seulement dans le moment, mais en terme d’objectif… tout en faisant référence à des paroles d’Anciens… Les enseignants des Budo ont un rôle très important à mettre en œuvre dans l’éveil d’une non-violence active.

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Auteur :
• 14 décembre 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Nous avons le plaisir de proposer à votre lecture l’article écrit par le Maître Zen Monto de Patso, pour le magazine Cœur-Esprit et dont le titre est “l’Esprit Immuable-Zen”.

« L’immuabilité ».

Etymologiquement, de l’ancien français muable « qui bouge », donc ce qui est immuable ne bouge pas, ne varie pas, est constant voir permanent. Sujet donc paradoxal par excellence, que l’on se place au niveau sensitif phénoménal d’impermanence, d’interdépendance et de transferts incessants d’informations entre les phénomènes ; que l’on se place du point de vue de la vacuité, plus encore de celui de l’expérience mystique puis de tout cet ensemble actualisé dans la vie quotidienne…

Retrouvez l’intégralité de l’article à partir de la page 35 de ce document.

A très bientôt.

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• 30 mai 2009

Bonjour,

Le journal El Budoka en espagne demanda à Me Daniel Lazennec un article sur les arts martiaux et la société. C’est avec un grand plaisir qu’il rédigea l’article ci-dessous et que j’ai l’honneur de vous transmettre au travers de ce blog.

Respectueusement.

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EVOLUTION DU JAPON

Avant l’évolution majeure de la société japonaise à la fin du XIX e siècle et au début du XXe, les techniques de guerre étaient appelées « Bujutsu ». Pratiquées par la caste des samouraïs et des ronins (samouraïs déchus ou mercenaires). Ces techniques se transmettaient par un maître d’armes, souvent de manière confidentielle et sélective. La transmission du savoir et l’autorisation d’enseigner étaient souvent attribuées aux fils ainé. Ici, comme dans les sociétés féodales, le droit d’ainesse prévalait.

Puis est arrivée la révolution industrielle et commerciale propulsant le Japon très rapidement vers « un autre monde », avec ses bouleversements sociétaux. Une nouvelle ère apparaissait dans laquelle les samouraïs disparaissaient ainsi que leurs codes.

BUDÔ et BUDÔKA

Certains maîtres d’armes ont eu alors l’intelligence historique de transformer leur discipline pour accompagner les changements de la société japonaise. Les BU-DÔ ont fait alors leur apparition. Notion de voie, de cheminement vers un but de construction personnelle selon un code comportemental issu de celui du Bushido. Les pratiquants portaient alors l’appellation de « BUDOKA ».

Un de ces maîtres d’armes a vécu l’expérience mystique qui a engendré des modifications majeures dans le BUDÔ : celle de la recherche d’harmonie, de non-dualité, de non-ego et de la Paix intérieure. Par là, ce Maître éveillé à la vraie nature du Vivant rejoignait les enseignements des Maîtres Zen. Ce fut l’apport de Morihei Ueshiba, Ô Senseï.

LA MIGRATION DES BUDÔ

Lorsque les Budô migrèrent vers d’autres contrées en sortant du Japon originel, de BUDÔ (« BU » signifiant « arrêter la lance et la déposer au sol » : image pour décrire à la fois l’efficacité du pratiquant et l’humilité de son ego ; puis « DÔ » présentant la notion de Chemin, de Voie, de discipline au sens profond de ce terme), les disciplines sont très souvent devenues progressivement des activités égocentriques. Egocentriques car dans ces contrées d’immigration, les codes sociétaux étaient différents de ceux du Japon des années 1950/60/70 ou même 80. L’individualisme, les modes de vie, la manière d’interpréter ce qui est vu sont différents.

Peu à peu, ces Hommes des sociétés dites « modernes » ont vu dans les BUDÔ des sports de combat plutôt que des voies d’évolution, de comportement et de développement personnels en relation avec le reste du Vivant, tendant vers une spiritualité. BUDÔ a été traduit par « arts martiaux ». Les codes des Budokas se sont émoussés. Ils survivent exceptionnellement. Les Dôjôs (lieu où l’on enseigne la voie) sont devenus des salles.

EVOLUTION NATURELLE

Mais comme toute transformation au cours du temps, d’autres chemins se dessinent.

Tout en restant lucides sur l’espèce humaine, nous constatons des changements radicaux dans les relations humaines et dans les relations des Hommes avec leur environnement :

– Entre les femmes et les hommes,

– Entre les personnes d’origine différentes,

– La crise financière internationale et ses conséquences de transfert des valeurs,

– La crise économique,

– La crise environnementale et les différentes pollutions,

– L’élection d’une personne métisse à la tête du pays la première puissance mondiale,

– L’évolution des comportements envers la nourriture, l’utilisation des richesses, le recyclage, etc.

LES ENFANTS DES BUDO

Les changements sociétaux ont forcément des incidences sur chaque personne et dans presque tous les domaines. Le monde des disciplines issues des BUDÔ ne peut en être épargné.

Ainsi voit-on apparaître des disciplines en harmonie avec les évolutions sociétales et comportementales. Elles allient la tradition et l’évolution actuelle. De BUDÔ, elles bâtissent un autre concept, une autre notion : BU HEIWA (« BU » attraper la lance et la déposer à terre, « HEIWA » construire la paix).

L’Aï-Doï, fondée par un Maître Zen, est un des exemples de cette évolution, de cette construction nouvelle qui ne rejette pas les traditions tout en les faisant évoluer afin de construire d’autres relations, d’autres manières d’être et d’agir : ancrées dans leur époque.

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