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• 27 juin 2011

INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011

Il y a à mon sens une aggravation de la violence chez les jeunes, car ce qui ne se rencontrait auparavant que chez les jeunes défavorisés sur le plan social et culturel se rencontre aujourd’hui chez des jeunes dont les familles sont parfaitement intégrées à tous niveaux, socio- économique, culturel etc.

Un être humain ne développe que des capacités ou des contre-capacités qu’il rencontre autour de lui, de la même façon qu’il ne peut marcher et parler que si d’autres le font autour de lui. On peut donc se demander de quelles violences sont victimes les jeunes pour nous renvoyer un tel rejet et parfois même une telle haine.

La première violence pour moi est le fait de leur demander de s’adapter au monde tel qu’il est, alors que c’est un monde tellement imparfait que nous devrions avoir hâte de le voir s’écrouler. Mais là, l’obstacle est notre propre peur de lâcher le connu pour aller vers l’inconnu. Le sociologue David Riesman dans « La foule solitaire « disait déjà en son temps en parlant des parents américains et de leurs enfants : « plutôt que faire en sorte que leurs enfants d’adaptent au système, ils feraient aussi bien de leur tordre le cou ».

Cette adaptation passe par le système scolaire dont nous voyons bien qu’il est complètement déboussolé avec ses réformes et contre-réformes, qui témoignent d’une absolue ignorance de l’évolution de l’être humain. Je renvois au professeur en sciences de l’éducation Philippe Meyrieux, qui résumait ainsi la situation des jeunes face au système scolaire : « nous ferions mieux de leur poser des questions plutôt que de leur donner des réponses à des questions qu’ils ne se posent pas ; »

Une autre violence est de ne pas reconnaître leur âme, et ainsi de ne pas la nourrir, sans doute parce que nous ne reconnaissons pas la nôtre.

L’âme vit dans la région du milieu de l’homme tripartite (énergie dans le bassin, âme et sentiments dans la poitrine, pensée dans la tête).

Cette région de la poitrine se développe essentiellement entre 7 et 14 ans, la fameuse période de latence de la psychologie, au cours de laquelle se passe en réalité l’essentiel de l’évolution humaine. Les poumons ont fini de se former autour de 7 ans, et l’enfant peut alors éduquer son rythme : rythme respiratoire, cardiaque, rythme de l’âme avec les mouvements de sympathie et d’antipathie. Ce rythme se nourrit des rythmes rencontrés dans l’environnement, principalement dans les matières pédagogiques qui peuvent être tour à tour incarnantes (le français par exemple, qui ne se parle tel qu’il est aujourd’hui que maintenant et ici), ou excarnantes comme les mathématiques pour leur caractère universel et intemporel, et bien entendu, apprendre par cœur favorise cette maîtrise du rythme.

A cette région de l’âme et cette période entre 7 et 14 ans correspondent l’évolution de l’intelligence des mains, qui deviendra intelligence de la pensée, le langage, l’imaginaire et le sens du beau. Tous ces besoins ne sont satisfaits ni en milieu scolaire, puisque nous sommes obligés de faire faire aux enfants en cabinet de thérapie ce qui se faisait auparavant en milieu scolaire et dans les cours de récréation, ni dans les familles où règne la course à la réussite au détriment des valeurs essentielles que sont le temps, le partage, la communication.

Je renvois à mon article, « la pollution des enfants », dans la revue Paracelse d’Alain Scohy.

Ce qui me semble important aujourd’hui, c’est de savoir et de décider quel monde nous voulons pour nos descendants, quelle vie nous voulons pour notre terre, et cela nous amène,

nous les adultes responsables à faire un choix très important : soit faire en sorte que la jeunesse s’adapte au système en trouvant tous les moyens pour l’intégrer, en nous attendant à ce que tout explose un jour ou l’autre, car on ne va pas impunément contre la vie ; soit nous pouvons décider d’entendre ce que nos enfants ont à nous dire des facultés qu’ils amènent avec eux et qui sont largement différentes des nôtres, des besoins qu’ils ont pour faire croître ces facultés, c’est-à-dire l’aide qu’ils attendent de nous.

Rudolph Steiner disait en 1922, que les enfants des années 1980 et plus apporteraient avec eux de nouvelles facultés humaines, très importantes pour le devenir de l’humanité, et que ces facultés se retourneraient en leur contraire si elles n’étaient pas reconnues.

Tout est fait aujourd’hui pour que ces facultés se retournent en leur contraire, car les multiples peurs qui sont distillées dans le cerveau des gens nous amènent à fonctionner en cerveau archaïque, cerveau de la survie où il n’y a rien de propre à l’humain, simplement la survie animale.

Il me semble donc urgent et important que nos entendions notre jeunesse ; or elle ne nous parle pas. Je retrouve actuellement ce que j’ai connu quand je travaillais avec les jeunes des banlieues, où tout le monde parlait d’eux, sur eux, pour eux, mais eux-mêmes n’avaient pas accès à leur propre lange et à leurs propres sensations et sentiments. Ce qui est tout à fait normal puisque l’âme qui permet cela n’est pas développée.

Comment donc donner à nos jeunes le moyen de se relier à eux-mêmes, afin d’y découvrir ce qui s’y trouve, et de maîtriser le langage qui permettrait de l’exprimer ?

Rudolph Steiner, penseur du début du siècle, dans sa conférence « le marcher, parler, penser », disait que c’est la marche qui prépare le langage, et que le langage, une fois suffisamment mûri, accueille alors le Je à 3 ans, avec la marche croisée, la conscience réflexive ainsi que les facultés cognitives et d’adaptation. Les neurosciences lui ont donné raison, notamment le neurologue Antonio Damasio dans « L’erreur de Descartes », où il démontre à l’aide de cas cliniques, qu’une intelligence non reliée au sentiment (âme) et au biologique (métabolisme) ne fonctionne pas. Mais qu’est-ce donc que la marche ?

Le neurochirurgien américain, Temple Faye, a dû réapprendre à marcher à des blessés de la seconde guerre mondiale souffrant de lésions cérébrales. Il est donc parti sur les cinq continents, caméra au poing, pour observer comment les enfants s’y prenaient pour apprendre à marcher. Et il s’est aperçu que les enfants du monde entier font les mêmes mouvements, qu’il a appelé les patterns, ou mouvements patrons. Cette découverte extraordinaire a permis d’aider des milliers de personnes à retrouver les fonctions réflexes de la marche.

C’est ce travail que je fais en cabinet, la plupart du temps parce que les enfants ont des difficultés scolaires, car c’est ce qui fait réagir les familles ; et c’est toujours très surprenant d’observer qu’en travaillant sur le corps, en montrant au sujet comment il doit bouger pour se réapproprier par le mouvement une stabilité, un ancrage dans le sol, puis une marche libre et enfin une marche croisée, comment donc il se réapproprie ou améliore son langage, et surtout comment il a accès à sa propre parole, et enfin, puisque l’organisation neurologique de base se fait du bas vers le haut, comment sa pensée s’organise également dans les apprentissages et dans le relationnel.

J’observe aujourd’hui en cabinet que les enfants ne font plus ces mouvements, par manque de sécurisation je pense, ce qui les oblige à se redresser très vite pour contrôler leur univers.

Ce qui est grave, c’est qu’en court-circuitant cette première et essentielle étape de leur développement, les enfants d’aujourd’hui sont privés de ce qui les humanise, puisque la marche croisée, le langage structuré, et la conscience avec ses facultés d’adaptation et d’apprentissage sont propres à l’être humain.

Une première démarche simple à mettre en place, peu coûteuse et extrêmement efficace serait de remplacer dans les petites classes, la psychomotricité par la neuromotricité, et faire exécuter ces mouvements humanisants par les jeunes enfants.

Mais nous avons également un travail à faire sur nous-mêmes en nous efforçant de reconnaître les enfants d’aujourd’hui dans leur spécificité, et surtout de ne pas en faire des adultes miniatures, ce qu’ils ne sont absolument pas. Notre vue physique nous permet bien dans la nature de différencier une graine avec tous ses germes du fruit qu’elle va donner, car il y a une différence visible entre les deux ; en ce qui concerne l’enfant, si la différence est tout aussi réelle, elle ne se voit pas aussi aisément, et nous avons à affûter notre regard pour voir au-delà des apparences. Et nous avons également à les écouter, ce qui n‘est pas toujours aussi évident qu’il paraît, puisque l’on peut se croire à l’écoute et ne pas l’être avec toute notre profondeur, car l’autre ne nous parle que de là où nous l’écoutons.

En conclusion, ce n’est pas la violence de la jeunesse qui est à étudier, car une jeunesse qui ne serait pas violente serait une jeunesse endormie, donc vidée de sa substance propre. Le problème est que sa révolte aujourd’hui manque de générosité, d’altruisme. La jeunesse s’est toujours élevée contre l’injustice (âme) mais aujourd’hui elle ne s’oppose que pour des raisons de survie, car par manque de construction de son système nerveux sur un modèle humain, elle fonctionne en cerveau archaïque où toutes nos pulsions sont proches des pulsions animales et dans lequel ne se trouve ni sens du beau ni sens du juste, ni amour pour son prochain.

Dominique Campagna

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• 25 juin 2011
INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011
La violence, qui fait l’objet de ce Colloque, c’est un phénomène complexe et poly sémantique qu’on utilise souvent d’une manière très diffuse. De plus ce concept constitue le pilier central des discours politiques sécuritaires florissants de nos jours. Il parait alors, que « dans nos sociétés la diarrhée des mots de la violence sert de catharsis aux maux de notre modernité »[1]. Et pourtant l’histoire, dont on va prendre le chemin, pour analyser ce phénomène, montre qu’un tel type de propos n’est pas une invention du XXIe siècle. « A entendre les clercs qui, au XIe siècle, défendent…la « paix de Dieu », ce ne sont partout en Occident qu’incendies, sacrilèges, viols et rapts…, vols,…, meurtres et homicides. Et à la fin du Moyen Age,… dès le XIVe siècle… [on] appelle à purger le « vaste repaire de larrons », que serait devenu le royaume de France »[2]. Au XVIe et XVIIe siècles on peut entendre les mêmes propos de la part des moralistes polonais et ruthènes (ukrainiens), défenseurs de la République de loi. Alors que Claude Gauvard, une imminente médiéviste française démontre « comment les discours des autorités sont une arme politique qui peut occulter la réalité ». La fugitive réalité historique de la violence quelle était-t-elle? Pour le découvrir on propose un bref exposé de synthèse basé sur les travaux de célèbres historiens tels que, Robert Muchembled, Claude Gauvard, Natalie Zemon Davis, Benoît Garnot, Xavier Rousseaux et d’autres.
Mais avant aborder le sujet quelques remarques s’imposent. D’abord il faut distinguer l’agressivité en tant qu’une des manifestations de l’énergie vitale et de l’instinct de survie, qui pour un être humain ne représente qu’ « une potentialité de violence, dont la puissance… peut être inhibée par la civilisation »[3], de la violence proprement dite en tant qu’un phénomène qui est lié de façon indissociable à la spécificité d’un système socioculturel, découlant de ce système, en étant en même temps, l’expression de ses structures et de ses bases symboliques et normatives. Alors on peut dire que la violence c’est l’agressivité détournée, apprivoisée, socialisée, même souvent mise au service de l’homme.
Ensuite, on va éviter d’aborder ici les sujets concernant la violence pathologique, certes existante, mais assez rare, mais aussi ceux qui traitent de ses manifestation extraordinaires tels que les guerres, les soulèvements populaires et str. Par contre on va se concentrer sur l’analyse de la violence interpersonnelle quotidienne.
Quand on dit la société médiévale et celle de la première modernité cela évoque l’image d’une société fortement hiérarchisée ou le pouvoir central n’est pas très fort. A l’Occident il le devient au cours des XVe-XVIIe siècles, tandis que dans l’Europe du Centre et celle de l’Est il reste plus longtemps régit par la puissance des élites. C’est aussi l’image d’une société guerrière, dominée par la noblesse et en même temps profondément rurale, car les grandes villes n’étaient pas nombreuses. C’est une société très particulariste, très partagée, marquée par la prédominance du crédit local, une société de face-à-face, d’interconnaissances et d’interdépendances profondes, d’où la valeur de solidarité familiale, clanique, de voisinage, de métiers, mais aussi celle de fidélité…. Elle n’était pas immobile, mais patriarcale qui concevait la Tradition comme une valeur primordiale. Certes c’était la Tradition qui changeait mais à très long terme. C’était aussi une société basée sur les valeurs de l’honneur et cela pour toutes les couches sociales. Mais l’honneur n’était pas encore une valeur individuelle, elle va le devenir au cours du XVIe et du XVIIe siècles mais pas partout. A l’époque l’honneur était une valeur collective, le capital vie d’un groupe, sa force, son pouvoir qui marquait sa place dans la hiérarchie sociale. C’était aussi une société très compétitive et cela sur tous les plans. La société où pour prouver sa valeur et celle du son groupe le défit était le moyen le plus adapté. Apres tout c’était une société qui exigeait de ses membres la publicité de tous leurs actes et la participation active dans le règlement des conflits.
Bien sûr cette image est trop générale, mais en même temps il est suffisant pour répondre à la question, à un tel type de société, quel type de violence?
Concernant la période des Xe-XIe siècle les données ne sont pas nombreuses, alors on peut seulement souligner avec Claude Gauvard qu’à cette époque ce sont « les seigneurs…qui sont les fers de lance de la violence…, [et que] rapts, viols et brigandages signifient l’installation des lignages nobles »[4].
Aux siècles suivants la nature essentielle de la violence n’a pas vraiment changé, elle reste souvent l’apanage des élites. Robert Muchembled, quant à lui, constate que « depuis le XIIIe siècle, le profil type des coupables s’est peu modifié. Les femmes sont très minoritaires. Les plus nombreux sont les jeunes hommes âgés de 20 à 29 ans. Sous l’Ancien Régime leurs victimes présentent souvent des caractéristiques identiques et les affrontements meurtriers mettaient le plus souvent en jeu des questions de droit, de préséance, d’honneur… »[5]
Donc si on parle de la typologie de la violence européenne du Moyen Age et de début le l’époque moderne on remarque qu’elle présentait certaines constantes. Dans son ensemble elle était marquée par la prédominance de la violence masculine, souvent juvénile[6] et festive. Cette violence était saisonnière[7], souvent publique et collective. Les élites y jouaient un rôle important[8]. La vengeance, c’est-à-dire la violence ritualisée, restait un phénomène assez répandu[9]. A cette époque on est encore au sein de la culture de l’arme blanche et de celle de l’honneur  caractérisée par une conception sociale de la violence[10]. Cette société ne magnifiait pas la violence pour elle-même. Elle faisait d’elle un moyen du combat au service de valeurs simples qui fondaient son ordre social[11]. Et pour le démontrer on peut présenter quelques chiffres concernant surtout la violence meurtrière. Les taux d’homicide pour 100 000 habitants peuvent servir ici de référence.
Les études historiques concernant l’homicide démontrent qu’en l’Europe au Moyen-âge et au début des temps modernes le niveau de la violence interpersonnelle était très élevé. Pour la période entre 1300 et 1500 les taux d’homicides pour 100 000 habitants restent incertains. Ils variaient selon les régions entre 6 et 150[12]. Au début des temps modernes ils oscillaient entre 3/3,5 comme dans le Comté de Kent[13], et plus de 80 comme dans les zones urbaines des pays scandinaves[14]. Les variations entre les zones géographiques et entre villes et campagnes[15] qui étant toujours importantes, s’amplifiaient à partir du XVIe siècle[16].
Ainsi, à cette époque les grandes cité Européennes présentaient des taux de morts violentes assez impressionnants. Au XIIIe siècle ce sont les villes anglaises qui détenaient le palmarès de la violence meurtrière. A Londres les taux d’homicide oscillaient entre 36 et 52 pour 100 000 habitants et à Oxford, une ville universitaire, ils montaient jusqu’à 110. Au XVe siècle c’est Stockholm avec le taux de 45 et Amsterdam avec celui de 47 qui détiennent le record[17].
Quant au royaume de France l’étude des lettres de grâce octroyées par les rois au cours des deux derniers siècles du Moyen Age démontre que 57% d’entre elles concernaient l’homicide, et seulement 16% étaient délivrées suite aux affaires de vol[18]. Pour le début de l’époque moderne l’étude des affaires portées en appel devant le Parlement de Paris donne les proportions suivantes: 32% des appels étaient liés aux crimes contre les biens et 47% aux crimes contre les personnes.[19].
Concernant les Pays-Bas, les rémissions octroyées au XVIe siècle aux habitants d’Artois démontrent l’existence dans cette région d’une forte criminalité sanguinaire. L’étude effectuée par Robert Muchembled relève à Arras un taux d’homicide de 9, à Saint-Omer de 5 et à Béthune de 15[20].
Quant aux juridictions des petites villes ici les agressions physiques souvent primaient par rapport aux homicides[21]. Ce sont les tendances qui sont semblables à la criminalité sur les terres ruthènes, comme dans certaines autres zones rurales à faible urbanisation[22].
Ainsi, on peut dire que depuis le Haut Moyen Age le seuil de tolérance par rapport à la violence physique était très grand partout en Europe. Mais en règle générale ces sociétés savaient user de la violence et ont réussi à l’intégrer pour faire d’elle « un ressort nécessaire de liens sociaux »[23].
Par ailleurs certaines mutations se sont produites entre 1400 et 1600 dans la « mécanique » de la violence. Elles concernaient surtout la transformation des expressions de l’honneur qui de physiques deviennent verbales et écrites (dénonciations et calomnies). On remarque aussi la diminution du rôle de la famille donc l’individualisation de la violence D’un autre coté, la violence semble migrer de l’espace public vers l’espace privé[24].
Les changements majeurs ont commencé à se faire sentir à partir de la fin du XVIe siècle mais surtout vers les années 1620/1650. C’est à partir de cette période qu’émergent en Occident les tendances liées au déclin progressif de la violence physique[25]. Alors les spécialistes observent l’apparition de larges différences entre cinq groupes de pays qui marquaient le processus de pacification des mœurs.
En Angleterre les taux d’homicides retombent et arrivent au niveau de 10 à 3 au cours des XVIe-XVIIe siècles. Les Pays-Bas, et les Provinces Unie baissent leurs taux de morts violentes de 40 (Amsterdam) et de 10 (Bruxelles) au XVIe siècle jusqu’à 0,7 et 3 à la fin du XVIIIe siècle. En Scandinavie les taux d’homicide restaient assez élevés durant les XVIe-XVIIe. Ils commencent à chuter vers le début du XVIIIe siècle pour arriver au niveau de 1,3 vers 1754. En Italie la baisse de la violence homicide est aussi assez tardive. Alors à Rome les taux de meurtres restent de 30 à 70 jusqu’à la fin du XVIIe siècle, pour descendre à 10 seulement en 1840. Le Saint Empire et la Suisse se situent plutôt entre les pays scandinaves et l’Italie. Quant à la France on observe une augmentation des cas homicides entre 1580 et 1610 suivie d’un déclin massif à partir de 1620[26]. En se qui concerne Pologne et Ruthènie ici au XVIe siècle le niveau de la violence meurtrière parait être assez modéré et stable. Ce sont surtout les excès, les coups et les blessures et les atteintes aux propriétés privés, qui déterminaient l’image de la violence sur ces terres.
Quels sont les facteurs qui ont provoqué ce déclin de la violence meurtrière en Europe? On peut en compter aux moins six. On peut ici parler du mouvement de « civilisation de mœurs » décrit par le célèbre sociologue Norbert Elias[27]. De facteur religieux, notamment en ce qui concerne les pays appartenant au modèle septentrional, l’Angleterre, les Provinces Unies et la Scandinavie, qui sont devenues au XVIe siècle protestants et partageaient un modèle éthique qui prêtait une attention particulière à la valeur de la vie humaine[28]. Mais aussi on peut parler de la diminution des conflits sanglants de rivalité masculine, de déplacement  de la violence létale dans un cercle familial plus opaque à l’entourage, et surtout du retrait graduel des élites de la violence interpersonnelle, dont parle Manuel Eisner[29].
Mais finalement c’est le changement de mode de régulation lié au renforcement des structures étatiques qu’y jouait le rôle prépondérant.
Aujourd’hui dans les sociétés européennes la régulation étatique de la violence interpersonnelle domine. L’Etat a un droit exclusif à l’exercice de la violence dite « légitime » ou « légale ». Mais ce n’était pas toujours ainsi. Et pour le comprendre il faut distinguer l’ordre juridique imposé par l’Etat de tous les autres types de normativité, en le considérant comme un des moyens de régulation sociale. Un moyen parmi d’autres, mais un moyen spécifique. C’est un ordre normatif et symbolique à part, qui n’est pas conventionnel, mais un produit de la volonté politique, un commandement qui s’appuie sur un ordre coercitif[30]. Dans la société l’ordre juridique étatique partage l’espace vital avec plusieurs autres n’appartenant pas à l’Etat[31].
Alors on peut parler de l’existence de deux formes de régulation, une verticale appartenant à l’Etat et l’autre horizontale inhérente aux ordres juridiques non étatiques. La mosaïque juridique combinant ces deux modes de régulation, présentait un trait distinctif des sociétés du passé. En outre, avant la fin du Moyen Age l’Etat n’intervenait pas vraiment dans le domaine de la régulation de la violence interpersonnelle. Pourtant, comme le souligne Julian Pitt-Rivers, “la défense de l’honneur et la nécessité de la pacification apparaissent bien comme les deux exigences contradictoires des sociétés médiévales et modernes”[32]. Mais à l’époque l’échelle de valeurs n’était pas la même qu’aujourd’hui. Alors, même  » l’homicide est finalement rentré très tardivement dans le champ du pénal. Ce n’est pas le signe que la vie humaine n’a pas de prix, mais que la vie humaine n’est rien si l’honneur est bafoué »[33]. Ainsi, la violence est restée durant des siècles dans le domaine d’autorégulation privée dite coutumière qui s’exerçait au niveau des communautés locales, urbaines ou rurales.
Mais, en quoi consistait-t-elle? En parlant schématiquement on peut dire que l’autorégulation coutumière tâchait de cadrer les expressions des la violence interpersonnelle en les dotant des codes et des rites afin qu’elles ne soient pas ni spontanée ni illimitée. Généralement un conflit était pratiqué en trois phases. La première était celle de la rupture. Elle débutait par le rite de l’ « appel » se poursuivait par une série d’actions codifiées comportant les injures et les menaces, verbales et physiques. La deuxième phase, celle des représailles, était orchestrée autour du rite du combat, vu et ressenti comme une sorte de communion, sinon comme un sacre. La troisième était normalement réservée à la réconciliation qui se déroulait autour du rite de l’assujettissement.
En ce qui concerne les codes de comportement ils comportaient un certain nombre de tabous qui pris ensemble peuvent être présentés sous forme de quatre principes structurant, ceux de solidarité, de réciprocité, de distance sociale et de publicité. Alors, pour qu’un conflit soit loyal et honorable les trois phases devaient être jouées, les rites accomplis et les codes respectés. Le groupe gagnant obtenait à la clé un surplus d’honneur, en tant que capital symbolique, mais aussi agrandissait ses biens matériels au moyen d’amendes et de compensations pécuniaires qu’il recevait de la part des vaincus. Le groupe perdant, malgré l’échec, était réintégré dans la sociabilité locale sans pour autant perdre son statut et son honneur. Alors on peut constater qu’un tel modèle de conflit qui permettait de doser les phases d’hostilités[34] contribuait à la restauration de l’équilibre des forces sociales, ce qui de tout temps représentait la finalité de la vindication[35].
Lorsqu’on cherche à définir la teneur des “rites punitifs”, on peut évoquer la thèse de Nathalie Zemon Davis selon laquelle “La violence est liée … à la vie culturelle. Quant aux actes de violence proprement dits, ils proviennent d’un arsenal de traditions punitives et purificatoires”[36]. Et bien que l’arsenal d’agressions lié à la spécificité culturelle des sociétés possédait ses caractéristiques propres, on peut relever certaines analogies, à commencer par la division symbolique du corps humain et des ses parures (vêtements, armes) utilisée dans les actes d’agression, de même que les rituels de purification s’inspirant des traditions de l’Ancien Testament. Les analogies touchent aussi le phénomène d’agression verbale, tant les réactions à celle-ci que l’utilisation d’un certain éventail quelque peu stéréotypé d’invectives. Mais c’est dans les “rites de réconciliation” qu’on observe les principales ressemblances.
De plus toute confrontation pouvait se terminer à n’importe quel moment par un accord privé, un compromis entre les parties. A partir de la fin du XVe siècle les affrontements privés étaient déjà assez souvent menés sur deux fronts, celui d’actions musclées et celui de combats judiciaires. A cette époque la vengeance coexistait avec le système des peines publiques comme éléments d’un même ensemble[37]. Alors la justice jouait le rôle de médiatrice.
Comme on peut le remarquer ce type de régulation savait tirer profit de la violence en tant qu’un moyen efficace de régulation sociale, dont le but était de réconcilier les parties en conflit, de recoudre le tissu social, de réintégrer les coupables et surtout de dédommager les victimes. Ce qui était d’ailleurs primordial. Un large éventail d’amendes pécuniaires, y compris Wergeld, d’amendes honorables et de trêves étaient prévu pour apaiser les tensions.
En ce qui concerne la régulation verticale, celle de l’ordre juridique étatique on peut constater que « l’émergence du pénal est intimement liée à la montée en puissance d’un autorité publique,…à l’étatisation du politique »[38], elle est « influencée par les formes… de gouvernement, mais encore par les philosophies du droit et de l’Etat »[39].
C’est à la fin du XVe et au XVIe siècle que commence en Europe le véritable processus de criminalisation de la violence. Il était lié aux efforts de centralisation des Etats, à la romanisation du droit, à l’homogénéisation des coutumes locales, et à l’instauration de procédures criminelles extraordinaires, écrites et expéditives qu’on utilisait à l’encontre de certaines types de prévenus possédant une mauvaise réputation, mais surtout à l’encontre de certains types de crimes qu’on appelait à l’époque en France « les cas royaux » et en Ruthénie « les cas de gouverneurs ». Ici on parle de la hiérarchie de crimes qui parait être plus au moins homogène dans plusieurs Etats européens. Sur les terres ukrainiennes les Statuts Lithuaniens (1529, 1566, 1588) la commençaient par le crime de lèse-majesté la poursuivaient par la criminalisation de la violence interpersonnelle dans ses formes les plus graves, parricide, assassinat avec préméditation, et puis les cas de violence entraînant la mort et l’effusion de sang. La liste se poursuivait avec l’enlèvement, le viol, l’attentat armé contre la propriété privée, l’incendie volontaire, le brigandage, suivi de vol et s’achevait avec le port d’armes dans les lieux de paix publique et la désobéissance aux forces de l’ordre[40]. Cette liste était complétée en France, par la sorcellerie, le blasphème et les crimes de mœurs. Quant à l’infanticide en Ruthénie et en Artois de Charles Quint, il n’était pas du tout criminalisé[41]. Et pourtant, au cours des XVIe-XVIIe siècles il était défini en tant qu’un délit distinctif dans plusieurs Etats européens[42], comme en France en 1557[43] et en Angleterre en 1624.
…….Quant à la réelle politique punitive, au XVIe siècle les magistrats du Parlement de Paris et ceux de Bordeaux se focalisaient sur la poursuite d’homicide, de vol, de rapt de bigamie et de sodomie, en tant que crimes masculins. Ils prêtaient attention à l’infanticide, à l’adultère, à la paillardise et au maquerellage, en tant que crimes féminins[44]. En Ruthénie on ne remarque pas de différence dans le traitement judiciaire de la criminalité masculine et féminine. Ici l’ordre étatique à travers ses institutions locales manifestait de l’indifférence par rapport à la violence meurtrière, situation qui en partie était propre aux Pays-Bas du début du XVIe siècle où les crimes de sang continuaient à appartenir à la sphère privée[45]. En Allemagne le manque de sévérité envers l’homicide est frappant comme en Angleterre où au XVIe– première moitié du XVIIe siècles la justice insulaire punissait de mort surtout des coupables de vol, de brigandage ou de cambriolage[46]. Dans les grandes villes de la Couronne polonaise les crimes les plus sévèrement punis étaient l’homicide, l’infanticide, l’inceste, la sodomie et le vol[47].
De coté de peines on peut prendre pour exemple le développement de la justice française et en distinguer trois période majeures. La première était celle qui durait tout le Moyen Age jusqu’au début des temps modernes. A cette période la justice étatique n’est pas très sévère. Les rémissions royales étaient souvent accordées surtout pour les homicides non qualifiés. Les bannissements et les amendes dominent en tant que moyens coercitifs. Ensuite de la fin du XVIe et au XVIIe siècles vient la période des châtiments publiques corporelles, soit disant « le temps de supplices »[48]. Et à l’aube du XVIIIe siècle arrive le temps des compromis marqué par le remplacement progressif des peines corporels par d’autres types de châtiments, la prison et les galères par exemple.
Au cours des siècles qu’on a survolés trois modèles socio culturels se sont succédés en Europe Occidentale, celui de « l’honneur et de la honte » qui à duré jusqu’à la fin du XVIe siècle, celui « de l’obéissance » au roi absolu, qui à débuté avec l’éclatement des supplices et celui « de la culpabilité » qui présente le modèle contemporain[49]. Trois cultures, trois visions du monde, au fil du temps la violence directe, physique, interpersonnelle reculait progressivement en cédant la place aux autres formes de l’agressivité humaine. Aujourd’hui on ne sait plus user de la violence rituelle, celle qui protège l’honneur des gens et rétablit l’équilibre des forces dans la société. On a le droit de se défendre, mais on a perdu celui de défendre les autres. Les liens qui unissaient jadis les gens en clans, en communautés de voisinage et de métiers sont de nos jours dissous. Et en tant que victimes on n’existe plus, car c’est au nom de la loi et de l’ordre, notions infiniment abstraites, que régit le système coercitif de l’ordre étatique. Alors, on est seul devant le système de la violence dite « légitime » multivoque et omniprésente dans ses formes les plus élaborée de la violence symbolique, les discours sécuritaires y compris.

[1] Bruno Lemesle, Michel Nassiet, Pascal Quincy-Lefevre  » Introduction », dans « La violence et le judiciaire. Discours, perceptions, pratiques », sous la direction de Antoine Follain et autres, Presses Universitaires de Rennes, p. 9
[2] Claude Gauvard « Violence et ordre public au Moyen Age », Picard, Paris 2005, p. 11
[3] Robert Muchembled « Une histoire de la violence. De la fin du Moyen Age à nos jours », Editions du  Seuil, Paris, 2008, p. 21
[4] Claude Gauvard « Violence et ordre public… », p. 11, 16
[5] Robert Muchembled « Une histoire de la violence. De la fin du Moyen Age à nos jours », Editions du  Seuil, Paris, 2008, p.20
[6] Robert  Muchembled « Une histoire de la violence… » p. 70
[7] Robert Muchembled « Violence au village… », p. 27-28
[8] Claude Gauvard « Violence et ordre public…. », p. 246, 263
[9] Jean-Philippe Juchs « La faide entre discours royal et pratiques judiciaires en France dans la première moitié du XIVe siècle », in Normes juridiques et pratiques judiciaires du Moyen Age à l’époque contemporaine, sous la direction de Benoît Garnot, Editions Universitaires de Dijon, 2007, p. 52,
Dag Lindström « Les homicides en Scandinavie, analyse à long terme », in Histoire de l’homicide en Europe de la fin du Moyen Age à nos jours », La Decouverte, Paris, 2009, p. 262, 265
[10] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale? Les sociétés urbaines face à la violence en Europe (1300-1800), in Histoire de l’homicide…, p. 294
[11] Ibid.
[12] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 68
Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 274
[13] Gerd Schwerhoff « Justice et honneur. Interpréter la violence à Cologne (XVe-XVIIIe) siècle », in Annales. Histoire, Science Sociales, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, diffusion Armand Collin, 62e année, n. 5, septembre-octobre 2007, p. 1057
[14] Dag Lindström « Les homicides en Scandinavie, analyse à long terme », in Histoire de l’homicide en Europe, p. 255
[15] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?.. », p. 293
[16] Manuel Eisner, « Long-term historical trends historical trends in violent crime », in Crime and justice. A review of research, Edited by Michel Tonry, The Universuty of Chicago Press, Chicago and London, 2003, v. 30, p. 100
Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 69
[17] Xavier Rousseaux « Ordre moral, justice et violence: l’homicide dans les sociétés européennes XIIIe-XVIIIe siècle », in Ordre moral et délinquance de l’Antiquité au XXe siècle, sous la dir. de Benoît Garnot, Editions Universitaires de Dijon, 1994, p. 70
[18] Claude Gauvard « De grâce especial. Crime, Etat et Société en France à la fin du Moyen Age », Publications de la Sorbonne, 1991, v. 1, p. 241
[19] Robert Muchembled, « Fils de Caïn, enfants de Médée. Homicide et infanticide devant le parlement de Paris (1575-1604) », in Annales. Histoire, Science Sociales, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, diffusion Armand Collin, 62e année, n. 5, septembre-octobre 2007, p. 1069, 1073
[20] Robert Muchembled « La violence au village. Sociabilité et comportements populaires en Artois du XVe au XVIIe siècle », Editions Brepols, 1989, p.19
[21] Gregory Hanlon « Les rituels de l’agression en Aquitaine au XVIIe siècle », Annales ESC, mars-avril 1985, no 2, p. 248
[22] Tomás A. Mantencón « Homicides et violence dans l’Espagne de l’Ancien Régime », in Histoire de l’homicide en Europe, p.28, 47
[23] Claude Gauvard « Violence et ordre public… », p. 13
[24] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 302
[25] Xavier Rousseaux « Ordre moral, justice et violence… », p. 66
[26] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 68-69
[27] Norbert Elias « La civilisation des mœurs », Calmann-Lévy, Paris, 1973
[28] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 69
[29] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 275-276
[30] Pierre Noreau, «La norme, le commandement et la loi: le droit comme objet d’analyse interdisciplinaire», Politique et Société, v. 19, nos 2-3, 2000, p.163, 172
[31] Jean Carbonnier, Sociologie juridique, éd. QUADRIGE/PUF, 2004, (1ère édition 1978), Paris, p. 315, 356, 362
[32] Julian Pitt-Rivers « Anthropologie de l’honneur. La mésaventure de Sichem », Hachette, Paris, 1997.
[33] Claude Gauvarde « Violence et ordre public… », p. 16
[34] Claude Gauvard « L’honneur blessé dans les sociétés médiévales », in Vengeance. Le face-à-face victime/agresseur, Dirigé par Raymond Verdier, Editions Autrement, Paris, 2004, p. 160
[35] Raymond Verdier « Postface. De la vengeance à la réconciliation », in La vengeance. La vengeance dans les sociétés occidentales, textes réunis et présentés par Raymond Verdier, Editions Cujas, Paris, 1980, v. II, p. 193
[36] Nathalie Z. Davis « Les cultures du peuple. Rituels, savoirs et résistances au XVIe siècle », Paris, 1979, p. 290
[37] Raymond Verdier « Une justice sans passion, une justice  sans bourreau », in La vengeance. Vengeance, pouvoirs et idéologies dans quelques civilisations de l’Antiquité, textes réunis et présentés par Raymond Verdier et Jean-Pierre Poly, Editions Cujas, 1984, v. 3, p. 150-151;
Gérard Courtois « La vengeance, du désir aux institutions », in La vengeance. La vengeance dans la pensée occidentale, textes réunis et présentés par Gérard Courtois, Editions Cujas, Paris, 1984, v. 4, p. 29
[38] Philippe Robert, Francine Soubiran-Paillet, Michel van de Kerchove « Normativités et internormativités », Normes, normes juridiques normes pénales. Pour une sociologie des frontières, sous la dir. de Philippe Robert, Francine Soubiran-Paillet, Michel van de Kerchovn Collection « Logiques sociales », Déviance/GERN, Harmattan, 1997, t. 1, p.24
[39] Angèle Kremer-Marietti « Les fondements philosophiques du droit pénal », Version révisée d’un article publié dans Le Droit en Procès, Jacques Chevallier (éd.), Paris, PUF, 1983, Dogma. Revue électronique de sciences Humaines, http://dogma.free.fr/txt/AKM-droit_penal.htm
[40] Véronika Buteyko « Le droit pénal et les pratiques judiciaires pénales dans les terres ukrainiennes du Grand Duché de Lituanie aux XVIe siècle: une réalité métissée », in Normes juridiques et pratiques judiciaires du Moyen Age à l’époque contemporaine, sous la direction de Benoît Garnot, Editions Universitaires de Dijon, 2007, p. 398
[41] Robert Muchembled « Fils de Caïn, enfants de Médée… », p. 1075
[42] James Sharpe « Histoire de la violence en Angleterre (XIIIe-XXe siècles) in Histoire de l’homicide en Europep; 238
[43] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 56
[44] Robert Muchembled « Fils de Caïn, enfants de Médée… », p. 1074
[45] Robert Muchembled « Fils de Caïn, enfants de Médée… », p. 1075,
James Sharpe « Histoire de la violence en Angleterre (XIIIe-XXe siècles) in Histoire de l’homicide en Europe…,p. 238-239
[46] Gerd Schwerhoff « Justice et honneur. Interpréter la violence à Cologne (XVe-XVIIIe)… » siècle », p. 1039
[47] Marcin Kamler « Les peines pour le vol à Cracovie et à Poznan’ dans la deuxième moitié du XVIe siècle », (en polonais: « Kary za kradzie? w 2 po?owie XVI wieku »), in L’ancienne société de Pologne, (en polonais: Spo?ecze?stwo staropolskie), sous la réd. de Andrzej Wycza?skij, Editions scientifiques de Pologne, v. IV, Varsovie, 1986, p. 8
Hubert ?aszkiewicz « Les peines infligées par le tribunal urbain de la ville de Lublin dans la deuxième moitié du XVIIe siècle », (en polonais: « Kary wymierzone przez s?d miejski w Lublinie w drugiej po?owie XVII wieku »), in Czasopismo Prawno-Historychne, v. XLI, cahier 2, 1989, p. 139-145
[48] Robert Muchembled « Le temps de supplices. De l’obéissance sous les rois absolus. XVe-XVIIIe siècle », Armand Colin, Paris 1992
[49] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 294
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• 25 juin 2011

Synthèse colloque du FIPAM, Société et Violence, tenu à Paris, 1, 2 et 3 avril 2011

Une centaine de personnes ont participé à ce colloque. Elles sont  venues des quatre coins de  la France,  d’Espagne, de Suisse, de Russie  et du Québec. Ce texte se veut davantage un partage de mes notes prises  en vrac plutôt qu’un résumé exhaustif du colloque. Je demeure le seul  responsable des interprétations concernant les allocutions et je  m’excuse à l’avance de mes omissions et biais auprès des conférenciers.

Le  colloque était organisé à la hauteur d’un colloque international :  qualité de l’accueil, des conférenciers, des échanges, de l’amphithéâtre  et la proximité d’une station de métro. Une vingtaine de conférences  ont été présentées en lien avec le thème du colloque : Violences et  société. Les organisateurs ont privilégié la formule en amphithéâtre  avec  un exposé de 45 minutes et un échange avec l’auditoire de 15  minutes.  La formule était adéquate tenant compte du thème retenu et du  nombre de participants.

La conférence d’ouverture de M.  Said a mis la table sur une définition de la violence, ses causes et ses  formes plus spécifiques dans les entreprises et les quartiers  identifiés à risques ou sensibles. Au cours du colloque différentes  perspectives théoriques ont été présentées : philosophique, éthologique,  historique, ethnographique, scientifique, thérapeutique, politique,  sportive, psychologique, sociologique et pragmatique.

M.  Henry Plée, pionnier dans l’introduction des arts martiaux en France, a  rappelé l’importance d’une approche éthologique pour comprendre  l’agressivité. Il a insisté sur le fait que la pratique des arts  martiaux vise  comme finalité l’épanouissement de la personne et la  recherche de paix. Mme Marie Savary a présenté la pensée de Paul  Chauchard qui a établi des liens entre l’éducation du système nerveux et  le zen.

Mme Véronika Buteyho s’est située sur une trame  historique pour montrer que la comparaison des problèmes de violence présents et passés ne peut faire l’économie de pratiques  d’autorégulation sociale.

Mme Jacqueline Bousquet a établi  un lien entre la physique quantique et la pratique des arts martiaux en  s’appuyant sur l’éveil  de nouvelles consciences, la science, la  tradition et le besoin « d’éplucher » l’égo.

M. Christophe Champclaux, a introduit, le vendredi soir, le film Opération Dragon dans sa version complète et inédite.

M.  Antoine Laborde qui a dû se désister à la dernière minute, s’est fait   remplacer par un orateur qui a montré les messages contradictoires que  nous véhiculons dans notre société et l’importance de la cohérence entre  nos paroles et nos actes.

Mme Dominique Campagna a  insisté sur le défi de créer des espaces pour entendre les jeunes. À  titre de thérapeute, elle a mis l’accent sur un passage par le corps pour ouvrir la dimension cognitive de l’être.

M. André  Cazetien a témoigné comment l’engagement social et les valeurs  humanistes ont contribué à la création d’une cité conviviale, dans le  Sud-Ouest de la France, où le respect, la démocratie, la justice  sociale, le dialogue, la fraternité et la solidarité s’actualisaient  dans les relations quotidiennes.

M. Jean-Marc Epelbaum a  présenté la réflexion d’un comité de l’ONU sur la non-violence au niveau  local. Il a tenté d’établir des liens entre ce comité et  son  expérience en aïkido.

M. Éric Phelippot a témoigné de  son expérience de sécurité urbaine à partir d’une agence privée. Son  exposé a illustré le défi que représente la gestion de la violence au  quotidien. Le recadrage du violent potentiel indique que ce dernier  ressemble à monsieur ou madame tout le monde et pas seulement à des  jeunes. La dernière foire de Tour, lui a permis de donner un exemple  percutant. Sur dix jours de festivités son service de sécurité est  intervenu dans 138 incidents. La pratique des arts martiaux, pour  lui   et ses employés, permet d’anticiper et de prendre des  coups, de tenter  de désamorcer les escalades vers la violence et d’assurer la sécurité du  plus grand nombre.

M. Jacques Vieillard a analysé la  relation entre le sport et la violence. À l’aide de tableaux  statistiques, de vidéos et d’images, il a démontré qu’il s’agit d’un  phénomène en croissance qui se manifeste sous diverses formes. Les  solutions efficaces demanderont des actions concertées à plusieurs  paliers : clubs, ligues, fédérations sportives, élus politiques,  citoyens, etc…Un engagement et  une responsabilité collective   s’avèreront incontournable   si nous avons une   volonté réelle  d’enrayer ce problème social. M. Serge Mairet a témoigné de l’apport des  philosophies orientales pour parvenir à une société plus pacifique. Des  principes comme le calme, l’harmonie, le relâchement, l’énergie (ki) et  le contrôle de l’esprit peuvent combattre la crainte d’autrui et  permettre l’ouverture à l’inconnu.

M. Pascal Le Rest, a  sans hésitation volé la vedette parmi les conférenciers. Ses talents  d’orateur et de comédien ont  su, à partir d’une description du mode de  vie d’une tribu de chasseurs-cueilleurs d’Amazonie, dégager l’importance  des rituels pour passer de l’enfance à l’âge adulte.  Ces repères  demeurent essentiels pour forger l’identité. Quels effets produisent nos  sociétés en perte de repères ? En conclusion, il insistait pour ne pas  oublier que les violences institutionnelles ( par exemple : des banques  et des empires financiers) demeurent  les principales responsables de  l’état des sociétés actuelles. Le rôle d’intervenant social dans ce  contexte en mouvance, il le perçoit comme celui d’un « passeur » qui  accompagne des êtres en devenir.

M. Charles Aubert a  témoigné comment sa pratique des arts martiaux avait modifié sa manière  de composer avec les événements de la vie.

M. Gérard Baron  a insisté sur le fait que la pratique des arts martiaux vise  principalement la maîtrise de soi. La violence est enfouie en chacun de  nous ce qui demande de prévenir les abus de pouvoir. Un passage à  l’action lui paraît nécessaire c’est pourquoi il travaille présentement à  l’élaboration d’une charte des arts martiaux pour éviter les dérapages.

M.  Omar Zanna a illustré comment une expérience de la douleur  corporelle  peut aider à prévenir la violence. Cette mise en scène de la douleur  entre pairs délinquants à partir d’activités physiques permet d’accéder  progressivement à une empathie socialisante pour reconnaître autrui. Mme  Mireille Grosjean a expliqué comment l’espéranto et l’aikido  représentent des langages universels. Ces moyens d’expression peuvent  faciliter le respect mutuel, la conformité à des règles et la recherche  de paix.

M. Jacques Hébert a discuté de l’orientation  donnée à ses expériences d’enseignement d’un art martial pour qu’elles  fassent  du sens au plan psychosocial. L’enseignement vise comme  finalité l’adoption de valeurs et de conduites pacifiques en canalisant  l’agressivité dans une voie positive. Un des enjeux consiste à    s’assurer de  transmettre ces notions.  Un constat ressort de plus en  plus des évaluations scientifiques, en plus de la  dimension technique,  l’enseignant doit introduire des éléments moraux et philosophiques  rattachés à ces disciplines sinon il augmente l’agressivité négative des  élèves. Ce dernier doit aider les pratiquants  à saisir l’importance de  pratiquer ces principes autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du dojo.  Des exemples sont venus illustrer  des façons de concrétiser des  animations dans ce sens.

En s’appuyant sur l’histoire de zazen, M. Daniel Lazennec a présenté une réflexion sur la manière de transformer l’égo à partir du zen pour  parvenir à un état de paix, de bonheur et d’amour. Il a mis l’accent sur  les notion d’équilibre, de vide et de tranquillité d’esprit qui  conduisent à l’impermanence. Messieurs Thierry Plée et Jacques Hébert  ont dégagé, en séance de clôture, quelques constats et interrogations.

La  violence renvoie à  une construction sociale. Elle représente une  notion relative en fonction du contexte social. Plusieurs définitions de  la violence se côtoient en fonction de choix théoriques et politiques.  Ces choix ne sont pas neutres et ils restent au centre des rapports  sociaux. Les  frontières  entre le permis et  l’interdit  ne sont pas  toujours évidentes à cerner et le système judiciaire ne peut tout  baliser. La violence peut prendre plusieurs formes : physiques,  psychologiques, sociales, politiques et institutionnelles. Certaines  violences sont davantage identifiées pour mieux en camoufler d’autres.  Sortir du cercle vicieux de la violence demandera une mobilisation  citoyenne au plan local et global.

L’objectif principal  des arts martiaux dans ce contexte vise à canaliser l’agressivité dans  une voie positive. Quelles conditions doivent être mises en place pour  respecter cette orientation ?  Cette contribution en vaut-elle la peine  dans un monde de plus en plus en manque de repères ? Que sommes-nous  prêts  à  mettre en place comme société pour assurer à chaque citoyen  des conditions de vie où  l’égalité, la sécurité, le respect, la dignité  et la justice sociale donneront un sens à son existence ?  À quand une  société misant sur l’intégration sociale de tous plutôt que l’exclusion  de plusieurs couches de la population ? L’exclusion représente  probablement  une des formes de violence des plus pernicieuses qu’il  faudra combattre pour bâtir un monde plus pacifique.

Thierry  Plée a conclu en présentant la mission, les buts et les sources de  financement de la FIPAM. Il a insisté sur le fait que cette nouvelle  association permet des contributions qui facilitent aux donateurs de  réductions significatives au niveau de leurs impôts. Il a souligné le  dévouement du comité organisateur et des bénévoles et il a remercié les  conférenciers et les participants pour la  réussite de ce colloque.

Par Jacques Hébert, professeur, École de travail social, Université du Québec à Montréal.

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• 24 juin 2011

INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011

Le karaté est un moyen pertinent de canaliser la violence des jeunes quand il convoque, dans le dojo, des rites où les symboliques construisent un imaginaire riche en références. Pour montrer cette pertinence, il s’agira d’explorer, ailleurs, chez les guerriers Guayakis, dans la forêt amazonienne, le sens des rites de passage et en quoi la violence peut être structurante dans un cadre donné.

Pascal LE REST est docteur en ethnologie et ethnométhodologue. Conseiller Technique à l’ADSEA 77, il est l’auteur de nombreux livres et notamment sur les arts martiaux (étudiés dans le cycle de formation des instructeurs en karaté de la région Centre). Il pratique le karaté shito-ryu shukokaï avec maître Tsutomu Kamohara, 7ème dan, depuis 1990, et l’enseigne également.

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• 19 juin 2011
INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011
La conférence de Dominique faisait suite à celle de Christine Faïon sur la musicothérapie. Et cette dernière avait écrit sur le tableau la citation suivante : “Toute âme est une mélodie qu’il s’agit de renouer” de Stéphane Mallarmé. Dominique a veillé à ce qu’elle reste en place pendant sa conférence !
Je vous laisse goûter et savourer ces notes prises lors de sa conférence – qu’elle a accepté de corriger et compléter pour en faire ce qui suit !
J’ai eu une année difficile en tant qu’être humain et en tant que thérapeute, pour deux raisons :
– La première est la montée de la violence dans les écoles, concernant des enfants de plus en plus jeunes, qui s’attaquent à des adultes représentant l’autorité ;
– L’autre est l’arrivée dans mon cabinet d’enfants “possédés”. Je ne sais pas comment il faudrait définir ces enfants-là. Il y a eu une fillette de 8 ans et demi, qui venait de passer 8 jours à l’hôpital pour une cure de sommeil ; depuis des mois, elle était empêchée de dormir par des angoisses et des cauchemars terribles, pleins de sang, de violence, de couteaux, dont elle menaçait d’ailleurs les membres de sa famille au cours de crises qui terrifiaient ses parents. A 8 ans et demi, elle avait le visage d’une folle, d’une sorcière.
J’ai ressenti une grande peur et une vive colère devant ce gâchis de l’enfance, d’autant que l’on nous gave de réflexions sur la pollution de la nature qui nous entoure, mais que je n’entends jamais parler de la pollution de la nature humaine. Or il y a là, pour moi, une situation grave et urgente.
La pollution, c’est quelque chose qui ne se trouve pas à sa place, et que le milieu dans lequel cette chose évolue ne peut pas transformer, ni assimiler, ni rejeter.
Cette définition de la pollution correspond tout à fait à ce qui se passe au niveau des enfants ; on laisse pénétrer en eux, par les yeux et les oreilles, le chaos du monde extérieur, alors qu’ils ne sont pas du tout prêts à l’élaborer, ce qui en fait un poison violent. C’est ce poison qui donne sa couleur et sa nocivité à leur façon d’être dans ce monde. Pourquoi des classes entières d’enfants vont-elles ramasser dans les rivières les ordures que les adultes (leurs parents) y ont abandonnées ? Pourquoi les enfants de moins de 14 ans ont-ils accès aux mêmes informations que les adultes quand ils n’ont pas encore les outils neurologiques pour peser et juger, et surtout pour agir ?
Pourquoi y a-t-il tant de réformes et de contreréformes au niveau de l’éducation nationale, dont la cadence montre bien qu’il n’y a pas de réflexion profonde sur ce qu’est un enfant, comment il se construit, quels sont ses besoins ?
Nous marchons actuellement sur la tête. Ma première réflexion a été de me dire que l’humanité était foutue. Puis, j’ai repris mes esprits et me suis dit que ces actes barbares étaient de l’ordre de l’animalité, des pulsions les plus primaires qui sont en l’homme et qui ne sont que de l’ordre de la survie, mais pas de la vie, pas de la vie humaine en tous cas.
On laisse pénétrer en eux,
par les yeux et les oreilles,
le CHAOS du monde extérieur !
Nous entendons beaucoup parler du corps et de l’esprit ; même dans ce congrès, nous n’avons entendu parler de l’âme que le deuxième jour, dans une conférence sur la musicothérapie, thérapie par l’art donc. C’est intéressant pour le reste de mon discours.
Le corps et l’esprit sont bien pris en compte par l’éducation nationale. Le corps de l’enfant peut se développer pendant les séquences de psychomotricité à la maternelle, même si je sens venir les apprentissages précoces comme la lecture à partir de 5 ans. Puis l’esprit de l’enfant est sollicité dès 6 ans, au CP avec les apprentissages cognitifs.
Qu’en est-il du 3ème élément, la région rythmique, celle du coeur, dont le rôle est de relier les deux autres pôles : celui de la volonté dans le métabolisme du bassin, et celui de la pensée dans la tête ?
Cette région rythmique du milieu du corps baigne à la fois le métabolisme et la tête avec du sang et de l’oxygène ; mais pas seulement. Cette région intermédiaire, la poitrine, est le siège de l’âme. L’âme qui relie en elle la volonté et la pensée pour les transformer en acte, car les bras et les mains participent également de cette instance de l’Être, ce qui se voit facilement : ils sont attachés au tronc. Les bras et les mains sont l’outil de l’âme pour se manifester dans le monde ; elle manifeste à l’extérieur ce qui se trouve à l’intérieur, et ce sera de beaux actes, de belles actions, de beaux gestes si cette âme a été nourrie selon ses besoins.
Cette région médiane est également le siège du langage. La voix repose sur le diaphragme, et nous savons bien aujourd’hui à quel point notre voix est soumise aux fluctuations de nos émotions, lesquelles se disent dans la poitrine. Quel désastre que le langage de nombreux enfants aujourd’hui, et si ce que je vis, je ne peux pas l’exprimer par des mots, je l’exprime par des gestes, plus ou moins beaux et plus ou moins adaptés.
L’âme n’est presque jamais prise en compte. Sa nourriture est le beau ; or, nous savons comment sont vécus les cours de musique ou d’art plastique dans les établissements scolaires : ce n’est pas directement rentable, cela ne sert à rien. Le grand mot est lâché : “cela ne sert à rien”, comme si nous devions nous résigner, comme des animaux, à ne plus faire que ce qui nous est directement utile, comme si “le gratuit” n’était plus la signature même de ce qui est humain.
L’enfant a tout ce qu’il faut en lui pour se redresser et marcher à 1 an, mais nous savons également qu’il ne le fait que si d’autres adultes sont debout et marchent autour de lui. Il en est de même pour toutes les étapes de l’évolution de l’enfant ; elles ne peuvent se faire que si d’autres humains, autour de lui, ont déjà franchi ces étapes ; le langage est concerné par cette loi, ainsi que l’âme à laquelle il est lié. Faut-il en penser que les adultes éducateurs, modèles, initiateurs etc., n’ont plus d’âme ? 20 ans après que le docteur Olaf Kob a écrit son livre sur les drogués dont le titre était : “L’âme en manque”, faut-il parler aujourd’hui de manque d’âme ? Que nous arrive-t-il ?
L’âme, liée à la respiration, connaît son plus grand développement à partir de 7 ans (de même que les poumons) ; or cette période de 7 à 14 ans est considérée même par la psychologie, science de l’âme, comme une période de latence, alors qu’elle est la période de la cons t r uc t ion du corps astral, c’est-à-dire du monde de l’âme chez l’enfant.

Les bras et les mains sont les outils de l’âme
pour se manifester dans le monde …
par de beaux “gestes” si elle a été nourrie
selon ses besoins.
L’âme est le siège du langage… L’usage de
mots orduriers témoigne de son état !
Sa nourriture est le beau.

Le Docteur Revol, bien  connu à Lyon pour son service hospitalier conçu pour les enfants dyslexiques et les enfants précoces, est venu dans une conférence, dire devant 650 personnes que la dyslexie n’est pas grave, que les enfants précoces vont bien, et surtout que les hyperactifs vont enfin avoir de bonnes notes à l’école grâce à la Ritaline, médicament au sujet duquel il ne tarit pas d’éloges.
J’ai eu en traitement un jeune homme qui avait pris de la Ritaline pour hyper activité ; le traitement a été stoppé vers 14 ans, l’âge auquel les pulsions sexuelles commencent à se manifester, parce qu’il devenait dépressif. Il a alors violé sa petite cousine de 3 ans. Parce qu’au lieu de l’aider à organiser son système nerveux, on a préféré le droguer, il n’a construit aucune barrière morale pour contenir ses pulsions animales et s’est ainsi retrouvé à 14 ans devant un tribunal, auquel la seule réponse qu’il a pu donner fut : “je n’ai pas pu m’empêcher”.
Quant aux enfants précoces, ce sont des enfants qui n’ont pas été sécurisés, protégés pendant leur petite enfance, et qui ont été obligés de développer précocement leur vigilance et leur intelligence. Au niveau du corps et du psychisme, ils vont globalement très mal.
Il devient urgent et important de retrouver le chemin de la nature de l’âme :
– De faire réapprendre des poèmes par coeur aux enfants au moins jusqu’à 10 ans, même s’ils ne comprennent pas ce qu’ils récitent (Ah… la dictature de l’intelligence) ;
– Les enfants de 7 à 14 ans doivent faire des travaux manuels qui rendent leurs bras et leurs mains intelligents, ce qui n’a aucune chance de se réaliser à l’aide des consoles de jeux. Le schéma corporel qui s’inscrit alors dans leur corps est celui de deux doigts, le pouce et l’index, directement reliés au tronc. Comment s’étonner alors, et comment leur reprocher, leurs gestes inappropriés, puisqu’ils n’ont pas de bras ? De plus l’intelligence des mains devient intelligence du cerveau, ce n’est donc pas du temps perdu.
– Ils doivent s’exercer à tous les arts, pour mettre du beau et du gratuit dans chacun de leurs actes.
– Enfin, pour nourrir leur langage, chacun devrait avoir à coeur de leur raconter des contes, des mythes, des légendes, des épopées – ce cadeau d’amour dont parlait Bruno Bettelheim – ce qui aurait un double avantage : leur proposer un beau langage, et leur faire découvrir le monde non pas encore tel qu’il est, mais à travers des images, car le langage de l’âme, c’est l’image.
En laissant entrer trop tôt la réalité du chaos du monde extérieur à l’intérieur des enfants, nous commettons un véritable crime contre l’enfance, car durant cette septaine qui va de 7 à 14 ans, la conscience de l’enfant est encore dans le rêve (elle ne s’éveillera réellement qu’à 14 ans, d’où la crise de l’adolescence), et elle n’est pas encore un pouvoir qui peut aider l’enfant à se protéger de ce chaos et de sa violence.
Seulement voilà, nous sommes pressés d’en faire de petits singes savants… Et ce qui m’étonne toujours, c’est que l’on puisse avoir une idée aussi décalée de ce qu’est la précocité. En neurologie, nous disons : “précocité n’est pas maturité”. Mais cela semble toujours gratifiant pour les parents et les enseignants, de voir un enfant (comme je l’ai vu dernièrement), être capable de réciter l’alphabet à l’endroit et à l’envers à 3 ans et demi.
Pour aider les gens à comprendre ce que la précocité a de monstrueux, au sens étymologique du terme, je leur propose une image terrible en leur disant que les jeunes filles peuvent bien commencer à procréer à 12 ans, puisqu’elles sont prêtes physiquement à le faire et que nous sommes une population vieillissante.
Nous sentons bien alors ce qu’il y a de décalé dans cette image. Mais c’est un bon exemple pour comprendre la différence entre l’humain et l’animal.
Les jeunes sont prêts physiquement à procréer vers 12 ans ; or ils attendent plusieurs années pour le faire.
Que se passe-t-il pendant tout ce temps ?
Il se passe quelque chose d’essentiellement humain, qui est l’élaboration des sentiments, ce qui permettra au jeune d’avoir une sexualité non seulement procréatrice selon les besoins biologiques, mais aussi une sexualité liée à l’amour selon les besoins humains.
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• 18 juin 2011
INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011 version pdf
Trois parties
L’espéranto
    Oomoto
    Thème du colloque: violences,
    société et arts martiaux.
L’ESPERANTO
1887
Parution du premier livre
L’inventeur: L; L; Zamenhof
(1859-1917)
Une langue conçue selon un système:
Les substantifs se terminent en –o les adjectifs se terminent en –a Les adverbes se terminent en –e Les infinitifs se terminent en –i
Une langue où on peut apprendre par DEDUCTION
Si vous savez « toujours » et « jamais », vous pouvez déduire et trouver « tout » et « rien », « partout » et « nulle part ».
Vaste littérature originale et traduite KAWABATA Yasunari:
YUKI GUNI
  • PAYS DE NEIGE
  • NE?! L!NDO
Le Japon dans mes bibliothèques
Apport de mots japonais en espéranto
Anthologie de la littérature japonaise
De HORI Yasuo: un livre par an
L’espéranto
  • 3 à 5 millions de locuteurs dans
    >120 pays
  • 70 associations nationales
  • Mouvement, centre mondial à Rotterdam (NL)
  • Rencontres nombreuses
  • Radios, TV, musique,
  • Réseau de personnes qui accueillent gratuitement (Pasporta Servo).
  • Associations spécialisées ( > 30)
  • 1923: L’Union Postale Universelle
  • 1954: Résolution de l’UNESCO
  • 1985: Résolution de l’UNESCO
  • 2006: Accréditation dans le Cadre Européen
  • Reconnaissances officielles
    des Langues par le Conseil de l’Europe
    L’espéranto
    La langue équitable La langue de la Paix
    Elle est à tout le monde et à personne.
    Elle n’a pas un passé chargé
    comme les langues coloniales.
    1923: Oomoto introduit l’espéranto
    DEGUCHI Onisaburo guide spirituel d’Oomoto et UESHIBA Morihei fondateur de l’aikido vivent comme des
    frères pendant environ 20 ans.
    DEGUCHI Onisaburo (1871-1948)
    UESHIBA Morihei (1883-1969)

    1989:

    20e anniversaire de l’ACSA L’Association Culturelle Suisse d’Aikido
    • Je participe au banquet. Y participent également IKEDA Sensei,
      Shihan suisse, et UESHIBA Moriteru, Waka Sensei.
  • J’ai l’occasion de questionner Waka Sensei sur son grand-père et l’espéranto.
  • Je reçois une réponse très japonaise.
    ??? Influence de la simplicité de l’espéranto sur les termes techniques de l’aikido ???
    Colloque FIPAM: violence, société et arts martiaux
    Notion de base contre la violence LE
    RESPECT
    Dans un dojo, on apprend LE RESPECT

    Respect de soi
    Respect de l’autre
    Les jeunes peuvent être attirés par les arts martiaux et la culture japonaise car elle est EXOTIQUE
    Ils vont se plier à la discipline même s’ils sont rebelles face aux parents, aux profs, aux gendarmes.
    Catégorie : Fipam  | Laisser un commentaire
    Auteur :
    • 16 juin 2011

    Intervention de Mr Charles Aubert lors du dernier colloque du FIPAM : VIOLENCES et SOCIÉTÉ

    Quel paradoxe de voir des êtres apprendre à se battre tout en affirmant qu’ils suivent un chemin spirituel ! Quel paradoxe.

    Serait-ce pour expurger toutes les violences qu’ils vivent ou éprouvent ?
    Serait-ce pour être violenté ?
    Serait-ce pour se protéger des autres et de leurs violences ?
    Serait-ce pour ne pas blesser un agresseur éventuel et maîtriser la violence de celui-ci ?
    Serait-ce pour s’affirmer, se sentir fort ?
    Serait-ce pour se cultiver ou se développer physiquement ?
    Serait-ce pour approfondir la connaissance de soi ?
    Serait-ce pour devenir un de ces maîtres de sagesse légendaires que l’on voit dans les films ou dans les livres ?
    Mais pourquoi ces gens donnent et esquivent coups de pieds, coups de poing et arme ?
    Mais pourquoi ces gens s’inclinent-ils devant une photo ?

    Que de questions autour de ces disciplines appelées « martiales » !
    Probablement que nous pourrions trouver autant de réponses que de personnalités d’individus…

    Je vous fais encore part d’autres interrogations d’un novice observateur et influencé par la rigueur mathématique :

    Dans une relation, comment engendrer l’apaisement en émettant des attitudes guerrières ?
    Doit-on passer par la production d’agressivité pour un jour la dépasser ?
    Y aurait-il d’autres chemins ?

    Un jour, j’ai été surpris de découvrir que d’autres façons de faire, et d’être existaient. Une sorte d’évolution de ce que je connais de ce que l’on appelle les budos. Mot dont nous avons entendu qu’il signifiait : « chemin à parcourir pour arrêter la lance ou déposer les armes ».
    Cette autre manière d’agir était un peu comme si l’action naissait avant que la lance ne soit lancée…
    Un peu, comme, si le lanceur changeait d’objectif avant d’agir ou en cours de réalisation de son action initiale de dualité.
    Un peu comme si une action discrète sans dualité agissait avant la relation, puis dans celle-ci, tout en émettant de la compassion.
    Comme si rien, ni personne n’était à violenter ; comme si l’agresseur se trouvait face à ses projections personnelles.

    A observer, c’était grâce à une conscience de placement corporel et une gestuelle particulière que cela était possible.

    Voici ce que j’ai vu :
    Les pieds se plaçaient toujours en position optimale de propulsion pour se mouvoir aisément et précisément.
    Le premier contact des pieds avec le sol étaient toujours avec la base des orteils sous la plante des pieds : ce qui produisait une mobilité importante, avec une précision d’horloger.
    A y regarder plus près, il me semblait que c’était à la fois le centre de gravité, les chaines musculaires de propulsion et l’expiration qui étaient les moteurs des déplacements.
    Je fus étonné également qu’en plus du bassin qui s’orientait, c’étaient les cuisses qui orientaient les pieds !
    Les chevilles, les genoux et le bassin étaient mobiles et souples.
    Ils paraissaient fonctionner de concert pour placer la personne qui accueillait la dualité, dans des positions qui montraient un équilibre, une ouverture et une tranquillité.
    En fait le personnage pivotait autour d’un axe vertical en montant et descendant son centre de gravité.
    Cette dynamique dessinait des spirales verticales qui n’entraient jamais en dualité avec le partenaire. Comme si le personnage accueillait l’autre qui était naturellement dirigé sans aucune violence, ni crispation ou dualité.
    Auparavant j’avais vu des personnes bien campées sur leurs jambes, plus ou moins positionnées pour bien prendre appui sur le sol.
    Un peu comme un cerf ou un taureau rassemblant sa musculature de poussée… avant d’affronter son concurrent pour gagner la direction du troupeau du troupeau.
    Et là, rien de tous ces positionnements et de leurs traductions des comportements animaux.
    Je voyais une moitié verticale de son corps étant un axe, autour duquel l’autre moitié verticale tournait, de manière centrifuge ou centripète.
    Les deux hémicorps étaient alternativement axe ou moteur et direction.
    Le partenaire se trouvant alors devenir un satellite autour de l’axe inter polaire de la Terre…
    Axe qui reste vertical sans se pencher en avant, sans attitude transférant le poids du tronc vers le satellite.
    Sans l’écraser ni le dominer en quelques sorte.
    Quant au satellite, lui était amené à se recentrer en permanence, s’adapter et rester en contact.
    En fait, le satellite qui était à l’origine dans le rôle de celui qui fournit une dualité se trouve transformé… sans que la personne « Terre » ne lui émette de geste de domination ou d’agression.
    Et le Satellite se surprenant à sourire du changement de situation… passant de la dualité au sourire !

    Jusque là, j’avais toujours remarqué des personnes se mettant en garde mutuellement.
    J’avais aussi noté que durant les techniques, les épaules, les coudes, les poignets et les mains étaient dures et crispés.
    Les positions des mains étant souvent, soit tendues comme des lames de sabre, soit fermées.
    De sorte que l’expression des mains engendre, visuellement, mais sûrement en sensation physique, de la dureté, des ressentis de pouvoirs émis, de domination ; d’affection de l’intégrité en quelque sorte.
    En fait, je me suis toujours interrogé sur les sensations de violence reçue que l’on doit vivre dans ces moments-là…
    Ainsi, il m’intéressait de voir comment cet « axe à spirales dynamiques » utilisait ses bras et surtout qu’elles étaient les expressions de ses mains.
    J’ai dû m’appliquer particulièrement dans mon observation pour comprendre…
    La spirale verticale semblait se transmettre via les épaules qui, à leur tour, spiralaient les bras, les avant-bras, les poignets et les mains.
    Les mains ne montrant jamais de dureté et d’expressions menaçantes.
    Et même elles semblaient se poser pleinement et sans tension sur telle ou telle zone du corps de notre Satellite.
    Tout cela participait à détendre notre Satellite qui changeait d’expression de visage.
    Et la fin fut la cerise sur le gâteau !
    J’avais toujours entendu parler de « casse », d’immobilisation, de supériorité, de gagnants, de perdants, de dominés et de dominants, de violence…
    Notre axe terrien mettait en extension les chaînes musculaires de notre Sattelite en le guidant dans sa position et sa respiration… pour, disait-il, « libérer les tensions et les informations de dualité et de violences contenues dans les zones corporelles en question. »

    Et notre Satellite de se relever, visage détendu, redressé, visage et position de corps transformés.
    Notre axe terrien toujours tranquille et souriant, ouvert, sans garde et présent.

    Où étais-je ?
    Comment fonctionne tout cela ?

    Voilà sa réponse : « en apprenant à gouverner son être tout en veillant à ce qu’aucune pensée ne s’incarne, en se mettant en mouvement d’une certaine manière et en restant dans un état d’ouverture et de compassion, nous éduquons notre être, alors l’humain évolue développant sa bioconscience. La violence, la peur se transforment alors en complémentarité des différences, pour construire ensemble et témoigner de cette réalité possible. »
    Je n’ai pas encore entièrement compris cette réponse, mais, j’ai vu quelque chose de cohérent, dans laquelle les actes reflètent les mots prononcés.

    Donc des changements sont possibles. Savoir ce que c’est ou qui a créé cette discipline n’est pas vraiment important ; c’est le principe d’évolution de l’héritage des anciens qui est important.
    Merci de votre écoute.

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    Auteur :
    • 1 février 2011
    Premier colloque : Violences et Société
    Vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 avril 2011 à Paris, 21 conférenciers issus de la société civile, scienti?que, spirituelle, martiale et politique se reunissent dans l’amphythéatre Jean Dame à Paris pour le premier colloque international du FIPAM.

    Le thème de cette année est : VIOLENCES et SOCIÉTÉ
    Une vingtaine d’interventions variées seront réalisées avec des spécialistes venues d’Espagne, du Canada, de Suisse et de France. Des débats auront lieu afin que le public participe.
    Conjointement au colloque, une projection et une exposition d’art sera réalisée :
    « CIRCLE OF IRON », film méconnu, écrit par Bruce Lee, avec David Carradine et Christopher Lee sera projeté le vendredi 22 octobre.
    Des expositiosn agrémenteront le colloque. Au programme les peintures de Féodor Tamarsky et les scuptures d’Elisa Lejars ainsi qu’une éxposition de livres à laquelle les auteurs pariciperont en dédicaçant leurs livres.
    Toute l’équipe du FIPAM sera heurese de vous accueillir de partager ce moment unique avec vous.
    Présentation du colloque (Thierry Plée, fondateur du Fipam)

    La violence est-elle indissociable de l’humanité ?
    De la violence sociale des révolutions industrielles européennes à celle des pays émergeants, de la violence éducative familiale à la violence urbaine,
    de la violence faite aux femmes à celle faite à l’environnement, des conflits armés internationaux au brigandage, la violence –ou plutôt les violences– semble être le lot quotidien de l’espèce humaine.
    Ce premier colloque organisé par le FIPAM se veut un pont entre les mondes civils, politiques, sociaux. Un pont entre les pratiques physiques, spirituelles, éducatives et l’univers de l’exigence scientifique. Un pont entre des acteurs qui se méconnaissent mais qui, pourtant, œuvrent dans un même objectif.
    Pendant deux jours, nous tenterons de répondre aux multiples questions que sollicite ce vaste sujet :
    • Qu’est-ce que la violence ? • Quelles en sont les sources ? • Quelles en sont les formes ? • Quels en sont les lieux ? • Qui peut produire les violences ? • Comment sont-elles vécues ? • Sont-elles universelles ? • Comment les prévenir ? • Comment ne pas les produire ? • Comment les éviter ? • Comment les transformer ? • Violences envers les enfants, les femmes, les anciens…
    • Violences en milieux professionnels, sportifs… • Les violences d’hier et
    d’aujourd’hui, culturelles ou humaines ? • Les réponses envisageables…
    Venant d’horizons culturels et intellectuels différents, des spécialistes québécois, espagnols, suisses et français du comportement humain partageront avec le public et entre eux leurs analyses, leurs expériences et leurs solutions.
    Du vendrdi 1er avril au dimanche 3 avril, trois journs d’échanges fraternels vous sont proposées pour participer à la construction d’un monde moins en souffrance et plus épanouissant.


    Vendredi 1er avril 2011 : en guise d’introduction au colloque

    20 h 15 à 20 h 30 — Présentation du film CIRCLE OF IRON
    (The Silent Flute), écrit par Bruce Lee.
    Christophe Champclaux, spécialiste du cinéma d’action.
    20 h 30 à 22 h 15 — Projection du film CIRCLE OF IRON
    (version originale sous-titrée français)
    Film méconnu écrit par Bruce Lee, James Coburn et Stirling Silliphant, Circle of Iron (aussi connu sous le titre The Silent Flute) est un des premiers films présentant les arts martiaux comme une réponse à la violence.

    Samedi 2 avril 2011

    9 h à 9h 15  — Ouverture du colloque et introduction.
    Thierry Plée, président et fondateur du FIPAM, éditeur, professeur de judo.
    9 h 15 à 9 h40 —    Définition et étymologie de la violence. Psychologie et violence en entreprise. Grandir dans les quartiers dits « à risques ».
    9 h 40 à 9 h 55 —    Échanges avec le public.
    Michael Said, psychologue social et cognitif, ergonome, intervenant en faculté, formateur (gestion des conflits, stress…).
    9 h 55 à 10 h 20 — Histoire et sens des budô (arts martiaux).
    9 h 40 à 9 h 55 —    Échanges avec le public.
    Henry Plée, pionnier du karaté en Europe, expert en plusieurs arts martiaux, chevalier de la Légion d’Honneur et Médaille d’or de la Jeunesse et des Sports
    10 h35 à 10 h 50 — L’homme moderne et ses cerveaux déséquilibrés.
    Extraits des travaux, lus par Marie Savary, du professeur Paul Chauchard, décédé, président honoraire de la Sorbonne, neurobiologiste et neuropédagogue, philosophe et enseignant français, auteur de livres.
    11 h 05 à 9 h 25 —    Transformer l’ego, de tyran aveugle ou éclairé en serviteur de la Paix et de la compassion.
    Comment nous fonctionnons ? Est-on sûr que nos paroles, actes ou comportements engendrent des perceptions constructives et respectueuses? Y-aurait-il des plages de transformations personnelles ?
    11 h 25 à 11 h40 — Échanges avec le public.
    Monto dé Patso, maître zen, dirigeant de l’Université ÊTRE Occident-Orient, fondateur du Zen Vekidjo, de l’Aïdoï et du Vekiyoga. Intervenant en prévention des risques professionnels. Auteur d’ouvrages.
    11 h 40 à 11 h 55 — Société et individus, violences, solidarité, fraternité ?
    Antoine Laborde, éducateur pour jeunes enfants en difficultés personnelles, familiales et sociales. Enseignant d’Aï-Doï, de Vekiyoga et de Zen Veko.
    11 h55 à 12 h 30 — Physique quantique : informations, transferts dans la matière et violences. La tradition, la violence vues au travers de la Kabbale.
    12 h 30 à 12 h 45 — Échanges avec le public.
    Docteur Jacqueline Bousquet, biologiste, physicienne, CNRS. Auteur.
    12 h 45 à 13 h — Échanges entre le public et les conférenciers.
    ———13 h à 14 h — Repas libre.———
    14 h  à 14h25 — La Sécurité des Biens et des Personnes au quotidien.
    14 h25 à 14 h 40 — Échanges avec le public.
    Éric Phelippot, conseiller en sécurité, formateur en gestion de conflits, gestion de stress et en self-défense. Professeur d’arts martiaux D.E.
    14 h 40 à 15 h 05 — L’urbanisme et le vivre ensemble. La violence infligée à la nature. Les sportifs de haut niveau et la violence.
    15 h 05 à 15 h 20 — Échanges avec le public.
    André CAZETIEN, maire honoraire de la ville nouvelle de Mourenx (Pyrénées Atlantiques), instituteur à la retraite, parolier et écrivain, lauréat du Concours Littéraire des Arts et Lettres de France 2004 pour l’ensemble de son œuvre.
    15 h 20 à 15 h 45 — Quel monde voulons-nous pour nos descendants ? Quelle intention mettons-nous dans nos actes éducatifs ?
    15 h 45 à 16 h — Échanges avec le public.
    Dominique Campagna, thérapeute en réorganisation neurofonctionnelle et rééducation psychosensorielle Vittoz. Formatrice méthode Vittoz, pédagogie vivante Rudolph Steiner, aide à la jeunesse en difficulté dans la banlieue est de Lyon.
    16h15 à 16 h 40 —    La non-violence au niveau international via les actions de l’ONU. (non confirmé)
    16h40 à 16h55 — Échanges avec le public.
    Jean-Marc Epelbaum, ancien Président de la commission de la non-violence à l’ONU, pratiquant d’Aikibudo.
    17 h20 à 17 h 30 — Échanges avec le public.
    Jacques Vieillard, membre du ministère de la Jeunesse et des Sports, BEES 3e degré karaté, professeur de sport au CREPS IDF, pratique les arts martiaux depuis 1971, coauteur d’ouvrages.
    17 h 35 à 17 h50 — Échanges avec le public et les conférenciers.
    (En cas d’annulation de la projection du vendredi)
    18 h05 à 10 h 50 — Intervention de Christophe Chamclaux
    18 h20 à 20 h 05 — Projection du film

    Dimanche 3 avril 2011

    9 h 15 à 9h40 — La non-fatalité de la violence, l’espoir grâce aux disciplines éducatives orientales.
    N’est-il pas erroné de parler d’arts martiaux en lieu et place de Budo et de Wushu? N’est-il pas souhaitable de revenir aux sources, en s’appuyant sur les traditions bouddhistes et taoïstes, pour comprendre l’essence pacifique des Budo et du Wushu? Peut-on parler de pratique des arts martiaux (sans confondre avec les sports de combat ) en occultant toute référence culturelle ou en se coupant de la spiritualité?
    9h40 à 9 h 55 — Échanges avec le public.
    Serge Mairet, journaliste et traducteur d’ouvrages sur les Classiques chinois, exerce l’anthropologie des techniques du corps à la Fondation de Rothschild, à Paris, autour d’un programme de recherche sur la prévention de la douleur et de la sénescence. Successeur de Tong Juo Shiang, il a donné à la méthode qu’il enseigne le nom de Yuan Qi Tao, Voie du Souffle Primordial, auteur d’ouvrages.
    Si les cultures humaines nous montrent que la violence est constitutive de l’identité, selon les formes qu’elle prend, elle entraîne une structuration dans l’ordre du groupe ou au contraire une dégradation des liens sociaux. Le karaté-do, comme travail sur la violence, n’est-il pas par le jeu de la ritualisation une manière de structurer les parcours vers l’insertion sociale et la socialité ?
    10h20 à 10h35 — Échanges avec le public.
    Pascal LE REST est docteur en ethnologie et ethnométhodologue. Auteur de nombreux ouvrages et directeur de collection aux Editions L’Harmattan, il est un acteur engagé dans l’espace public pour défendre les questions sociales autour de la jeunesse. Il travaille notamment en qualité de Conseiller technique à l’ADSEA77 et est chargé de cours à l’université de Tours.
    10h50 à 11 h 15 — Arts martiaux et la violence sublimée.
    11h15 à 11h30 — Échanges avec le public.
    Gérard Baron. Professeur de judo, aïkido et karaté. Expert en : Bujutsu, Taihojutsu, Budokaï, Karate-do, Kaisendo et Tambo. Auteur d’ouvrages.
    11h30 à 11 h 55 — Empêcher d’être blessé sans blesser. En situation de violence, quelles actions ? (non confirmé)

    De quelle manière l’apprentissage d’une discipline de combat, peut-elle servir à établir l’harmonie avec un agresseur qui ne désire pas l’entente mais, plutôt, causer le chaos ?
    11 h55 à 12 h 10 — Échanges avec le public.
    José Santos Nalda Albiac, professeur d’aïkido, de judo et de kuatsu en Espagne, dessinateur humoriste et industriel, créateur de la méthode aiki-control, auteur de plus de 40 ouvrages sur l’aikido, le zen, le bu-jutsu, le shiatsu et le zen, médaille d’argent du mérite sportif (Espagne).
    12 h 10 à 12 h25 — Échanges entre le public et les conférenciers.
    ———12 h25 à 13 h40 — Repas libre.———
    Le langage, vecteur de culture peut être « impéraliste », comment un langage international peut conduire au respect entre les cultures ? Les arts martiaux pour nos jeunes d’Occident : comment un apprentissage exotique et prestigieux peut les mener au respect ? Quels ont été les liens entre les maîtres fondateurs de Oomoto au Japon et de l’aïkidô et quels apports ?
    14 h 05 à 14 h 20 — Échanges avec le public.
    Mireille Grosjean, 38 ans d’enseignement (langues, histoire, géo) dans des écoles publiques avec des adolescents de 14-15 ans. professionnelle en résolution des conflits. Spécialiste en éducation interculturelle; co-fondatrice et co-présidente  de l’Association Suisse des Éducateurs à la Paix.  Ceinture noire d’aïkidô. Traductrice d’Ikeda Sensei durant 15 ans.
    14 h 20 à 14 h45 — Les arts martiaux comme moyen de socialisation. À quelles conditions ?
    Au printemps 2010 s’est tenu au Québec un colloque sur le thème arts martiaux, sports de combat et interventions psychosociales. Quelles thématiques ont été abordées par les conférenciers ?
    Quelles conclusions est-il possible de dégager ? Quels liens pouvons-nous établir avec le colloque de la FIPAM ?
    14 h45 à 15 h — Échanges avec le public.
    Jacques Hébert est professeur à l’École de travail social de l’université du Québec à Montréal. Ses champs de spécialisation sont la jeunesse et la prévention de la violence. À titre de praticien-chercheur, il a mis sur pied plusieurs projets jumelant le karaté-do et le travail social auprès de jeunes en difficulté.
    15 h à 15 h 25 — Les politiques et le phénomène de la violence. (non confirmé)
    15 h 25 à 15 h 40 — Échanges avec le public.
    Karim Zeribi, directeur de la régie des transports de Marseille, élu politique, intervenant aux Grandes Gueules (RMC ), footballeur.
    15 h 40 à 15h55 — Échanges entre le public et les conférenciers.

    15 h 55 à 16 h 20 — Débat de clôture.
    Jacques Hébert et Thierry Plée

    En marge du colloque




    — Repas de fin de colloque (sur inscription préalable, compter une trentaine d’euros tout compris) (non confirmé)
    — Expositions permanentes
    Durant tout le colloque, vous pourrez profiter de plusieurs expositions :
    • Une exposition de livres consacrés au sujet sera à la disposition des auditeurs.
    Les conférenciers auteurs d’ouvrages seront, lors de chaque pause, disponibles pour dédicacer leurs livres.
    • Deux expositions d’art :
    Sculptures d’Elisa Lejars.
    Née en 1955 en France, elle a passé son enfance au Canada. Assistante d’aïkido pour aider les jeunes générations en participant à leur éducation et leur bien-être. « Ma recherche ne s’expose pas par une sculpture mais par un ensemble d’œuvres qui tentent d’explorer les signes qui peuvent être compris et ressentis. Force, énergie, contemplation, éducation sont réunis dans ma collection ». Son site internet : www.arts-espace.com
    Peintures de Féodor Tamarsky.
    Né à Moscou en 1954, il est artiste peintre et professeur de karaté. Il sort en 1979 de la faculté de réalisation et mise en scène de l’école supérieure « Studio » du théâtre académique de Moscou. Parallèlement, depuis 1977, Féodor se forme à l’école centrale de karaté de Moscou « Sane ». Ses œuvres se retrouvent dans des collections privées en Russie, aux États-Unis, Canada, Italie, France… ainsi que dans les collections des musées d’État russes de Novgorod et Pskov. Son site internet : www.artsglobe.com
    Lieu du colloque et des expositions




    SALLE DE CONFÉRENCE JEAN DAME
    17 Rue Léopold Bellan
    75002 Paris
    Parfaitement située au cœur de Paris, la salle Jean Dame nous a déjà accueillis pour notre Gala d’ouverture en novembre 2009. La station de Métro la plus proche est  « Sentier » mais la station « Les Halles » ne se trouve qu’à quelques rues.
    Inscription




    Pourparticiper au colloque, une inscription préalable est indispensable car nous n’avons que 200 places de libres.
    Contacter :
    Sylviane Lazennec — 05 59 04 21 04 — s.lazennec.colloque@fipam.org
    Formulaire d’inscription :
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    Auteur :
    • 26 septembre 2010

    Bonjour à chacune, à chacun et à tous.

    C’est avec plaisir que je vous informe que le 1er colloque du FIPAM aura lieu les 01, 02 et 03 avril 2010 à Paris.

    Une vingtaine d’interventions variées seront réalisées avec des personnes venues d’Espagne, du Canada, de Suisse et de France. Des débats auront lieu afin que le public participe. Des expositions d’artistes donneront à voir des œuvres remarquables, une exposition de livres avec dédicaces d’auteurs, etc.

    Toute l’équipe du FIPAM sera heureuse de vous accueillir et de partager ce moment avec vous.

    Djamel

    Catégorie : Fipam  | Laisser un commentaire
    Auteur :
    • 28 décembre 2009

    Bonjour,

    En cette fin d’année, je suis heureux de vous faire partager une partie du gala d’ouverture du FIPAM au travers d’une vidéo et de quelques photos.

    Suivez le guide ici .

    Bonnes fêtes à toutes et à tous.

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