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• 6 novembre 2011

Bonjour,

Je viens de rajouter sur la page de st palais une vue aérienne du dojo « Coeur de bambou » à St Palais 64.

http://www.aidoi.com/stpalais/index.php

Bonne journée à toutes et à tous.

Djamel

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• 26 octobre 2011

Bonjour à toutes et à tous,

La conférence et le stage à Toulouse sont terminés.

Voici des films réalisés durant ces 2 jours.

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• 5 octobre 2011

Spiritualité dans les actes.

Les 30 septembre, 1er et 2 octobre, le moine Zen Montagne de Paix est venu, du Temple de la Paix Infinie, transmettre l’enseignement d’éducation à la paix du cœur et ses conséquences dans les actions. Son enseignement est simple, humble et gratuit.

Programme : L’esprit du Zen dans l’Aïkidô : mettre ses actes en conformité avec la paix à construire en nous et avec les autres.

30 septembre de 19h15 à 20h45, 1er octobre : 10h30 à 12h ; 15h à 16h30.

Conférence : 17 h : « La paix et les gestes: interrogation et cohérence ». Méditation Zen Vekidjo : 20h30 à 21h30.

Adresses : LITVÍNOV UL. PODKRUŠNOHORSKÁ SPORTOVNÍ SOUKROMÁ ZÁKLADNÍ ŠKOLA

La spiritualité par le Zen Vékidjo : 2 octobre : 10h à 11h ; 11h30 à 12h30 ; 15h à 16h.

Conférence : 16h30 : « Zen et développement à la paix et à l’Eveil ». Adresse : 153 43513 Mirova, Mezibori

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• 4 octobre 2011

Martina Gothica Bacikova :

Votre séminaire a été très très bon. C’est ce que dit Eman. Je suis vraiment désolé que je n’étais pas ici. Rendez-vous sur le prochain séminaire. :)

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• 3 septembre 2011

Le 17 septembre prochain, le Centre Zen des Pyrénées fêtera ses 20 ans d’existence.

A l’occasion de cet événement, un énorme gâteau sera partagé entre toutes les personnes qui nous rejoindront. Ce sera l’occasion de visiter ce lieu qui allie la simplicité, l’authenticité et délivre, à travers l’arrangement du jardin, des messages essentiels, à la manière des Maîtres Zen (dispositions de pierres, stances, parfums de fleurs, etc.). C’est un peu comme un parcours initiatique inspiré des traditions orientales, adapté et actualisé pour répondre aux Occidentaux d’aujourd’hui, une application de l’ « Ici et maintenant » pour le « Partout et toujours ».

Et comme toute chose évolue, ce lieu est arrivé à maturité, il s’avère en fin de vie. Déjà le projet d’un nouveau Centre Zen est en cours, répondant mieux aux besoins d’accueil et aux conditions d’évolution. La maquette de cette « Université Être Occident Orient » sera dévoilée pour la première fois au public, à l’occasion de cet après-midi  du 17 septembre.

Rendez-vous donc sur place, vous y découvrirez ce qui existe déjà près de chez vous et ce que vous  trouverez bientôt, mis en place pour accompagner l’être humain sur son chemin d’évolution et dans son quotidien.

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• 17 juillet 2011

Bonjour à toutes et à tous,

En cette période de vacances, j’en profite pour mettre à jour le site avec les nouvelles dates de stages à partir de septembre 2011 jusqu’à aout 2012.

Stages de septembre 2011 à août 2012

22 et 23 octobre Toulouse 31

07 et 08 janvier à St palais 64

14 et 15 avril dans les Landes 40

Bon repos d’été.

Djamel

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• 27 juin 2011

INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011

Il y a à mon sens une aggravation de la violence chez les jeunes, car ce qui ne se rencontrait auparavant que chez les jeunes défavorisés sur le plan social et culturel se rencontre aujourd’hui chez des jeunes dont les familles sont parfaitement intégrées à tous niveaux, socio- économique, culturel etc.

Un être humain ne développe que des capacités ou des contre-capacités qu’il rencontre autour de lui, de la même façon qu’il ne peut marcher et parler que si d’autres le font autour de lui. On peut donc se demander de quelles violences sont victimes les jeunes pour nous renvoyer un tel rejet et parfois même une telle haine.

La première violence pour moi est le fait de leur demander de s’adapter au monde tel qu’il est, alors que c’est un monde tellement imparfait que nous devrions avoir hâte de le voir s’écrouler. Mais là, l’obstacle est notre propre peur de lâcher le connu pour aller vers l’inconnu. Le sociologue David Riesman dans « La foule solitaire « disait déjà en son temps en parlant des parents américains et de leurs enfants : « plutôt que faire en sorte que leurs enfants d’adaptent au système, ils feraient aussi bien de leur tordre le cou ».

Cette adaptation passe par le système scolaire dont nous voyons bien qu’il est complètement déboussolé avec ses réformes et contre-réformes, qui témoignent d’une absolue ignorance de l’évolution de l’être humain. Je renvois au professeur en sciences de l’éducation Philippe Meyrieux, qui résumait ainsi la situation des jeunes face au système scolaire : « nous ferions mieux de leur poser des questions plutôt que de leur donner des réponses à des questions qu’ils ne se posent pas ; »

Une autre violence est de ne pas reconnaître leur âme, et ainsi de ne pas la nourrir, sans doute parce que nous ne reconnaissons pas la nôtre.

L’âme vit dans la région du milieu de l’homme tripartite (énergie dans le bassin, âme et sentiments dans la poitrine, pensée dans la tête).

Cette région de la poitrine se développe essentiellement entre 7 et 14 ans, la fameuse période de latence de la psychologie, au cours de laquelle se passe en réalité l’essentiel de l’évolution humaine. Les poumons ont fini de se former autour de 7 ans, et l’enfant peut alors éduquer son rythme : rythme respiratoire, cardiaque, rythme de l’âme avec les mouvements de sympathie et d’antipathie. Ce rythme se nourrit des rythmes rencontrés dans l’environnement, principalement dans les matières pédagogiques qui peuvent être tour à tour incarnantes (le français par exemple, qui ne se parle tel qu’il est aujourd’hui que maintenant et ici), ou excarnantes comme les mathématiques pour leur caractère universel et intemporel, et bien entendu, apprendre par cœur favorise cette maîtrise du rythme.

A cette région de l’âme et cette période entre 7 et 14 ans correspondent l’évolution de l’intelligence des mains, qui deviendra intelligence de la pensée, le langage, l’imaginaire et le sens du beau. Tous ces besoins ne sont satisfaits ni en milieu scolaire, puisque nous sommes obligés de faire faire aux enfants en cabinet de thérapie ce qui se faisait auparavant en milieu scolaire et dans les cours de récréation, ni dans les familles où règne la course à la réussite au détriment des valeurs essentielles que sont le temps, le partage, la communication.

Je renvois à mon article, « la pollution des enfants », dans la revue Paracelse d’Alain Scohy.

Ce qui me semble important aujourd’hui, c’est de savoir et de décider quel monde nous voulons pour nos descendants, quelle vie nous voulons pour notre terre, et cela nous amène,

nous les adultes responsables à faire un choix très important : soit faire en sorte que la jeunesse s’adapte au système en trouvant tous les moyens pour l’intégrer, en nous attendant à ce que tout explose un jour ou l’autre, car on ne va pas impunément contre la vie ; soit nous pouvons décider d’entendre ce que nos enfants ont à nous dire des facultés qu’ils amènent avec eux et qui sont largement différentes des nôtres, des besoins qu’ils ont pour faire croître ces facultés, c’est-à-dire l’aide qu’ils attendent de nous.

Rudolph Steiner disait en 1922, que les enfants des années 1980 et plus apporteraient avec eux de nouvelles facultés humaines, très importantes pour le devenir de l’humanité, et que ces facultés se retourneraient en leur contraire si elles n’étaient pas reconnues.

Tout est fait aujourd’hui pour que ces facultés se retournent en leur contraire, car les multiples peurs qui sont distillées dans le cerveau des gens nous amènent à fonctionner en cerveau archaïque, cerveau de la survie où il n’y a rien de propre à l’humain, simplement la survie animale.

Il me semble donc urgent et important que nos entendions notre jeunesse ; or elle ne nous parle pas. Je retrouve actuellement ce que j’ai connu quand je travaillais avec les jeunes des banlieues, où tout le monde parlait d’eux, sur eux, pour eux, mais eux-mêmes n’avaient pas accès à leur propre lange et à leurs propres sensations et sentiments. Ce qui est tout à fait normal puisque l’âme qui permet cela n’est pas développée.

Comment donc donner à nos jeunes le moyen de se relier à eux-mêmes, afin d’y découvrir ce qui s’y trouve, et de maîtriser le langage qui permettrait de l’exprimer ?

Rudolph Steiner, penseur du début du siècle, dans sa conférence « le marcher, parler, penser », disait que c’est la marche qui prépare le langage, et que le langage, une fois suffisamment mûri, accueille alors le Je à 3 ans, avec la marche croisée, la conscience réflexive ainsi que les facultés cognitives et d’adaptation. Les neurosciences lui ont donné raison, notamment le neurologue Antonio Damasio dans « L’erreur de Descartes », où il démontre à l’aide de cas cliniques, qu’une intelligence non reliée au sentiment (âme) et au biologique (métabolisme) ne fonctionne pas. Mais qu’est-ce donc que la marche ?

Le neurochirurgien américain, Temple Faye, a dû réapprendre à marcher à des blessés de la seconde guerre mondiale souffrant de lésions cérébrales. Il est donc parti sur les cinq continents, caméra au poing, pour observer comment les enfants s’y prenaient pour apprendre à marcher. Et il s’est aperçu que les enfants du monde entier font les mêmes mouvements, qu’il a appelé les patterns, ou mouvements patrons. Cette découverte extraordinaire a permis d’aider des milliers de personnes à retrouver les fonctions réflexes de la marche.

C’est ce travail que je fais en cabinet, la plupart du temps parce que les enfants ont des difficultés scolaires, car c’est ce qui fait réagir les familles ; et c’est toujours très surprenant d’observer qu’en travaillant sur le corps, en montrant au sujet comment il doit bouger pour se réapproprier par le mouvement une stabilité, un ancrage dans le sol, puis une marche libre et enfin une marche croisée, comment donc il se réapproprie ou améliore son langage, et surtout comment il a accès à sa propre parole, et enfin, puisque l’organisation neurologique de base se fait du bas vers le haut, comment sa pensée s’organise également dans les apprentissages et dans le relationnel.

J’observe aujourd’hui en cabinet que les enfants ne font plus ces mouvements, par manque de sécurisation je pense, ce qui les oblige à se redresser très vite pour contrôler leur univers.

Ce qui est grave, c’est qu’en court-circuitant cette première et essentielle étape de leur développement, les enfants d’aujourd’hui sont privés de ce qui les humanise, puisque la marche croisée, le langage structuré, et la conscience avec ses facultés d’adaptation et d’apprentissage sont propres à l’être humain.

Une première démarche simple à mettre en place, peu coûteuse et extrêmement efficace serait de remplacer dans les petites classes, la psychomotricité par la neuromotricité, et faire exécuter ces mouvements humanisants par les jeunes enfants.

Mais nous avons également un travail à faire sur nous-mêmes en nous efforçant de reconnaître les enfants d’aujourd’hui dans leur spécificité, et surtout de ne pas en faire des adultes miniatures, ce qu’ils ne sont absolument pas. Notre vue physique nous permet bien dans la nature de différencier une graine avec tous ses germes du fruit qu’elle va donner, car il y a une différence visible entre les deux ; en ce qui concerne l’enfant, si la différence est tout aussi réelle, elle ne se voit pas aussi aisément, et nous avons à affûter notre regard pour voir au-delà des apparences. Et nous avons également à les écouter, ce qui n‘est pas toujours aussi évident qu’il paraît, puisque l’on peut se croire à l’écoute et ne pas l’être avec toute notre profondeur, car l’autre ne nous parle que de là où nous l’écoutons.

En conclusion, ce n’est pas la violence de la jeunesse qui est à étudier, car une jeunesse qui ne serait pas violente serait une jeunesse endormie, donc vidée de sa substance propre. Le problème est que sa révolte aujourd’hui manque de générosité, d’altruisme. La jeunesse s’est toujours élevée contre l’injustice (âme) mais aujourd’hui elle ne s’oppose que pour des raisons de survie, car par manque de construction de son système nerveux sur un modèle humain, elle fonctionne en cerveau archaïque où toutes nos pulsions sont proches des pulsions animales et dans lequel ne se trouve ni sens du beau ni sens du juste, ni amour pour son prochain.

Dominique Campagna

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• 25 juin 2011
INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011
La violence, qui fait l’objet de ce Colloque, c’est un phénomène complexe et poly sémantique qu’on utilise souvent d’une manière très diffuse. De plus ce concept constitue le pilier central des discours politiques sécuritaires florissants de nos jours. Il parait alors, que « dans nos sociétés la diarrhée des mots de la violence sert de catharsis aux maux de notre modernité »[1]. Et pourtant l’histoire, dont on va prendre le chemin, pour analyser ce phénomène, montre qu’un tel type de propos n’est pas une invention du XXIe siècle. « A entendre les clercs qui, au XIe siècle, défendent…la « paix de Dieu », ce ne sont partout en Occident qu’incendies, sacrilèges, viols et rapts…, vols,…, meurtres et homicides. Et à la fin du Moyen Age,… dès le XIVe siècle… [on] appelle à purger le « vaste repaire de larrons », que serait devenu le royaume de France »[2]. Au XVIe et XVIIe siècles on peut entendre les mêmes propos de la part des moralistes polonais et ruthènes (ukrainiens), défenseurs de la République de loi. Alors que Claude Gauvard, une imminente médiéviste française démontre « comment les discours des autorités sont une arme politique qui peut occulter la réalité ». La fugitive réalité historique de la violence quelle était-t-elle? Pour le découvrir on propose un bref exposé de synthèse basé sur les travaux de célèbres historiens tels que, Robert Muchembled, Claude Gauvard, Natalie Zemon Davis, Benoît Garnot, Xavier Rousseaux et d’autres.
Mais avant aborder le sujet quelques remarques s’imposent. D’abord il faut distinguer l’agressivité en tant qu’une des manifestations de l’énergie vitale et de l’instinct de survie, qui pour un être humain ne représente qu’ « une potentialité de violence, dont la puissance… peut être inhibée par la civilisation »[3], de la violence proprement dite en tant qu’un phénomène qui est lié de façon indissociable à la spécificité d’un système socioculturel, découlant de ce système, en étant en même temps, l’expression de ses structures et de ses bases symboliques et normatives. Alors on peut dire que la violence c’est l’agressivité détournée, apprivoisée, socialisée, même souvent mise au service de l’homme.
Ensuite, on va éviter d’aborder ici les sujets concernant la violence pathologique, certes existante, mais assez rare, mais aussi ceux qui traitent de ses manifestation extraordinaires tels que les guerres, les soulèvements populaires et str. Par contre on va se concentrer sur l’analyse de la violence interpersonnelle quotidienne.
Quand on dit la société médiévale et celle de la première modernité cela évoque l’image d’une société fortement hiérarchisée ou le pouvoir central n’est pas très fort. A l’Occident il le devient au cours des XVe-XVIIe siècles, tandis que dans l’Europe du Centre et celle de l’Est il reste plus longtemps régit par la puissance des élites. C’est aussi l’image d’une société guerrière, dominée par la noblesse et en même temps profondément rurale, car les grandes villes n’étaient pas nombreuses. C’est une société très particulariste, très partagée, marquée par la prédominance du crédit local, une société de face-à-face, d’interconnaissances et d’interdépendances profondes, d’où la valeur de solidarité familiale, clanique, de voisinage, de métiers, mais aussi celle de fidélité…. Elle n’était pas immobile, mais patriarcale qui concevait la Tradition comme une valeur primordiale. Certes c’était la Tradition qui changeait mais à très long terme. C’était aussi une société basée sur les valeurs de l’honneur et cela pour toutes les couches sociales. Mais l’honneur n’était pas encore une valeur individuelle, elle va le devenir au cours du XVIe et du XVIIe siècles mais pas partout. A l’époque l’honneur était une valeur collective, le capital vie d’un groupe, sa force, son pouvoir qui marquait sa place dans la hiérarchie sociale. C’était aussi une société très compétitive et cela sur tous les plans. La société où pour prouver sa valeur et celle du son groupe le défit était le moyen le plus adapté. Apres tout c’était une société qui exigeait de ses membres la publicité de tous leurs actes et la participation active dans le règlement des conflits.
Bien sûr cette image est trop générale, mais en même temps il est suffisant pour répondre à la question, à un tel type de société, quel type de violence?
Concernant la période des Xe-XIe siècle les données ne sont pas nombreuses, alors on peut seulement souligner avec Claude Gauvard qu’à cette époque ce sont « les seigneurs…qui sont les fers de lance de la violence…, [et que] rapts, viols et brigandages signifient l’installation des lignages nobles »[4].
Aux siècles suivants la nature essentielle de la violence n’a pas vraiment changé, elle reste souvent l’apanage des élites. Robert Muchembled, quant à lui, constate que « depuis le XIIIe siècle, le profil type des coupables s’est peu modifié. Les femmes sont très minoritaires. Les plus nombreux sont les jeunes hommes âgés de 20 à 29 ans. Sous l’Ancien Régime leurs victimes présentent souvent des caractéristiques identiques et les affrontements meurtriers mettaient le plus souvent en jeu des questions de droit, de préséance, d’honneur… »[5]
Donc si on parle de la typologie de la violence européenne du Moyen Age et de début le l’époque moderne on remarque qu’elle présentait certaines constantes. Dans son ensemble elle était marquée par la prédominance de la violence masculine, souvent juvénile[6] et festive. Cette violence était saisonnière[7], souvent publique et collective. Les élites y jouaient un rôle important[8]. La vengeance, c’est-à-dire la violence ritualisée, restait un phénomène assez répandu[9]. A cette époque on est encore au sein de la culture de l’arme blanche et de celle de l’honneur  caractérisée par une conception sociale de la violence[10]. Cette société ne magnifiait pas la violence pour elle-même. Elle faisait d’elle un moyen du combat au service de valeurs simples qui fondaient son ordre social[11]. Et pour le démontrer on peut présenter quelques chiffres concernant surtout la violence meurtrière. Les taux d’homicide pour 100 000 habitants peuvent servir ici de référence.
Les études historiques concernant l’homicide démontrent qu’en l’Europe au Moyen-âge et au début des temps modernes le niveau de la violence interpersonnelle était très élevé. Pour la période entre 1300 et 1500 les taux d’homicides pour 100 000 habitants restent incertains. Ils variaient selon les régions entre 6 et 150[12]. Au début des temps modernes ils oscillaient entre 3/3,5 comme dans le Comté de Kent[13], et plus de 80 comme dans les zones urbaines des pays scandinaves[14]. Les variations entre les zones géographiques et entre villes et campagnes[15] qui étant toujours importantes, s’amplifiaient à partir du XVIe siècle[16].
Ainsi, à cette époque les grandes cité Européennes présentaient des taux de morts violentes assez impressionnants. Au XIIIe siècle ce sont les villes anglaises qui détenaient le palmarès de la violence meurtrière. A Londres les taux d’homicide oscillaient entre 36 et 52 pour 100 000 habitants et à Oxford, une ville universitaire, ils montaient jusqu’à 110. Au XVe siècle c’est Stockholm avec le taux de 45 et Amsterdam avec celui de 47 qui détiennent le record[17].
Quant au royaume de France l’étude des lettres de grâce octroyées par les rois au cours des deux derniers siècles du Moyen Age démontre que 57% d’entre elles concernaient l’homicide, et seulement 16% étaient délivrées suite aux affaires de vol[18]. Pour le début de l’époque moderne l’étude des affaires portées en appel devant le Parlement de Paris donne les proportions suivantes: 32% des appels étaient liés aux crimes contre les biens et 47% aux crimes contre les personnes.[19].
Concernant les Pays-Bas, les rémissions octroyées au XVIe siècle aux habitants d’Artois démontrent l’existence dans cette région d’une forte criminalité sanguinaire. L’étude effectuée par Robert Muchembled relève à Arras un taux d’homicide de 9, à Saint-Omer de 5 et à Béthune de 15[20].
Quant aux juridictions des petites villes ici les agressions physiques souvent primaient par rapport aux homicides[21]. Ce sont les tendances qui sont semblables à la criminalité sur les terres ruthènes, comme dans certaines autres zones rurales à faible urbanisation[22].
Ainsi, on peut dire que depuis le Haut Moyen Age le seuil de tolérance par rapport à la violence physique était très grand partout en Europe. Mais en règle générale ces sociétés savaient user de la violence et ont réussi à l’intégrer pour faire d’elle « un ressort nécessaire de liens sociaux »[23].
Par ailleurs certaines mutations se sont produites entre 1400 et 1600 dans la « mécanique » de la violence. Elles concernaient surtout la transformation des expressions de l’honneur qui de physiques deviennent verbales et écrites (dénonciations et calomnies). On remarque aussi la diminution du rôle de la famille donc l’individualisation de la violence D’un autre coté, la violence semble migrer de l’espace public vers l’espace privé[24].
Les changements majeurs ont commencé à se faire sentir à partir de la fin du XVIe siècle mais surtout vers les années 1620/1650. C’est à partir de cette période qu’émergent en Occident les tendances liées au déclin progressif de la violence physique[25]. Alors les spécialistes observent l’apparition de larges différences entre cinq groupes de pays qui marquaient le processus de pacification des mœurs.
En Angleterre les taux d’homicides retombent et arrivent au niveau de 10 à 3 au cours des XVIe-XVIIe siècles. Les Pays-Bas, et les Provinces Unie baissent leurs taux de morts violentes de 40 (Amsterdam) et de 10 (Bruxelles) au XVIe siècle jusqu’à 0,7 et 3 à la fin du XVIIIe siècle. En Scandinavie les taux d’homicide restaient assez élevés durant les XVIe-XVIIe. Ils commencent à chuter vers le début du XVIIIe siècle pour arriver au niveau de 1,3 vers 1754. En Italie la baisse de la violence homicide est aussi assez tardive. Alors à Rome les taux de meurtres restent de 30 à 70 jusqu’à la fin du XVIIe siècle, pour descendre à 10 seulement en 1840. Le Saint Empire et la Suisse se situent plutôt entre les pays scandinaves et l’Italie. Quant à la France on observe une augmentation des cas homicides entre 1580 et 1610 suivie d’un déclin massif à partir de 1620[26]. En se qui concerne Pologne et Ruthènie ici au XVIe siècle le niveau de la violence meurtrière parait être assez modéré et stable. Ce sont surtout les excès, les coups et les blessures et les atteintes aux propriétés privés, qui déterminaient l’image de la violence sur ces terres.
Quels sont les facteurs qui ont provoqué ce déclin de la violence meurtrière en Europe? On peut en compter aux moins six. On peut ici parler du mouvement de « civilisation de mœurs » décrit par le célèbre sociologue Norbert Elias[27]. De facteur religieux, notamment en ce qui concerne les pays appartenant au modèle septentrional, l’Angleterre, les Provinces Unies et la Scandinavie, qui sont devenues au XVIe siècle protestants et partageaient un modèle éthique qui prêtait une attention particulière à la valeur de la vie humaine[28]. Mais aussi on peut parler de la diminution des conflits sanglants de rivalité masculine, de déplacement  de la violence létale dans un cercle familial plus opaque à l’entourage, et surtout du retrait graduel des élites de la violence interpersonnelle, dont parle Manuel Eisner[29].
Mais finalement c’est le changement de mode de régulation lié au renforcement des structures étatiques qu’y jouait le rôle prépondérant.
Aujourd’hui dans les sociétés européennes la régulation étatique de la violence interpersonnelle domine. L’Etat a un droit exclusif à l’exercice de la violence dite « légitime » ou « légale ». Mais ce n’était pas toujours ainsi. Et pour le comprendre il faut distinguer l’ordre juridique imposé par l’Etat de tous les autres types de normativité, en le considérant comme un des moyens de régulation sociale. Un moyen parmi d’autres, mais un moyen spécifique. C’est un ordre normatif et symbolique à part, qui n’est pas conventionnel, mais un produit de la volonté politique, un commandement qui s’appuie sur un ordre coercitif[30]. Dans la société l’ordre juridique étatique partage l’espace vital avec plusieurs autres n’appartenant pas à l’Etat[31].
Alors on peut parler de l’existence de deux formes de régulation, une verticale appartenant à l’Etat et l’autre horizontale inhérente aux ordres juridiques non étatiques. La mosaïque juridique combinant ces deux modes de régulation, présentait un trait distinctif des sociétés du passé. En outre, avant la fin du Moyen Age l’Etat n’intervenait pas vraiment dans le domaine de la régulation de la violence interpersonnelle. Pourtant, comme le souligne Julian Pitt-Rivers, “la défense de l’honneur et la nécessité de la pacification apparaissent bien comme les deux exigences contradictoires des sociétés médiévales et modernes”[32]. Mais à l’époque l’échelle de valeurs n’était pas la même qu’aujourd’hui. Alors, même  » l’homicide est finalement rentré très tardivement dans le champ du pénal. Ce n’est pas le signe que la vie humaine n’a pas de prix, mais que la vie humaine n’est rien si l’honneur est bafoué »[33]. Ainsi, la violence est restée durant des siècles dans le domaine d’autorégulation privée dite coutumière qui s’exerçait au niveau des communautés locales, urbaines ou rurales.
Mais, en quoi consistait-t-elle? En parlant schématiquement on peut dire que l’autorégulation coutumière tâchait de cadrer les expressions des la violence interpersonnelle en les dotant des codes et des rites afin qu’elles ne soient pas ni spontanée ni illimitée. Généralement un conflit était pratiqué en trois phases. La première était celle de la rupture. Elle débutait par le rite de l’ « appel » se poursuivait par une série d’actions codifiées comportant les injures et les menaces, verbales et physiques. La deuxième phase, celle des représailles, était orchestrée autour du rite du combat, vu et ressenti comme une sorte de communion, sinon comme un sacre. La troisième était normalement réservée à la réconciliation qui se déroulait autour du rite de l’assujettissement.
En ce qui concerne les codes de comportement ils comportaient un certain nombre de tabous qui pris ensemble peuvent être présentés sous forme de quatre principes structurant, ceux de solidarité, de réciprocité, de distance sociale et de publicité. Alors, pour qu’un conflit soit loyal et honorable les trois phases devaient être jouées, les rites accomplis et les codes respectés. Le groupe gagnant obtenait à la clé un surplus d’honneur, en tant que capital symbolique, mais aussi agrandissait ses biens matériels au moyen d’amendes et de compensations pécuniaires qu’il recevait de la part des vaincus. Le groupe perdant, malgré l’échec, était réintégré dans la sociabilité locale sans pour autant perdre son statut et son honneur. Alors on peut constater qu’un tel modèle de conflit qui permettait de doser les phases d’hostilités[34] contribuait à la restauration de l’équilibre des forces sociales, ce qui de tout temps représentait la finalité de la vindication[35].
Lorsqu’on cherche à définir la teneur des “rites punitifs”, on peut évoquer la thèse de Nathalie Zemon Davis selon laquelle “La violence est liée … à la vie culturelle. Quant aux actes de violence proprement dits, ils proviennent d’un arsenal de traditions punitives et purificatoires”[36]. Et bien que l’arsenal d’agressions lié à la spécificité culturelle des sociétés possédait ses caractéristiques propres, on peut relever certaines analogies, à commencer par la division symbolique du corps humain et des ses parures (vêtements, armes) utilisée dans les actes d’agression, de même que les rituels de purification s’inspirant des traditions de l’Ancien Testament. Les analogies touchent aussi le phénomène d’agression verbale, tant les réactions à celle-ci que l’utilisation d’un certain éventail quelque peu stéréotypé d’invectives. Mais c’est dans les “rites de réconciliation” qu’on observe les principales ressemblances.
De plus toute confrontation pouvait se terminer à n’importe quel moment par un accord privé, un compromis entre les parties. A partir de la fin du XVe siècle les affrontements privés étaient déjà assez souvent menés sur deux fronts, celui d’actions musclées et celui de combats judiciaires. A cette époque la vengeance coexistait avec le système des peines publiques comme éléments d’un même ensemble[37]. Alors la justice jouait le rôle de médiatrice.
Comme on peut le remarquer ce type de régulation savait tirer profit de la violence en tant qu’un moyen efficace de régulation sociale, dont le but était de réconcilier les parties en conflit, de recoudre le tissu social, de réintégrer les coupables et surtout de dédommager les victimes. Ce qui était d’ailleurs primordial. Un large éventail d’amendes pécuniaires, y compris Wergeld, d’amendes honorables et de trêves étaient prévu pour apaiser les tensions.
En ce qui concerne la régulation verticale, celle de l’ordre juridique étatique on peut constater que « l’émergence du pénal est intimement liée à la montée en puissance d’un autorité publique,…à l’étatisation du politique »[38], elle est « influencée par les formes… de gouvernement, mais encore par les philosophies du droit et de l’Etat »[39].
C’est à la fin du XVe et au XVIe siècle que commence en Europe le véritable processus de criminalisation de la violence. Il était lié aux efforts de centralisation des Etats, à la romanisation du droit, à l’homogénéisation des coutumes locales, et à l’instauration de procédures criminelles extraordinaires, écrites et expéditives qu’on utilisait à l’encontre de certaines types de prévenus possédant une mauvaise réputation, mais surtout à l’encontre de certains types de crimes qu’on appelait à l’époque en France « les cas royaux » et en Ruthénie « les cas de gouverneurs ». Ici on parle de la hiérarchie de crimes qui parait être plus au moins homogène dans plusieurs Etats européens. Sur les terres ukrainiennes les Statuts Lithuaniens (1529, 1566, 1588) la commençaient par le crime de lèse-majesté la poursuivaient par la criminalisation de la violence interpersonnelle dans ses formes les plus graves, parricide, assassinat avec préméditation, et puis les cas de violence entraînant la mort et l’effusion de sang. La liste se poursuivait avec l’enlèvement, le viol, l’attentat armé contre la propriété privée, l’incendie volontaire, le brigandage, suivi de vol et s’achevait avec le port d’armes dans les lieux de paix publique et la désobéissance aux forces de l’ordre[40]. Cette liste était complétée en France, par la sorcellerie, le blasphème et les crimes de mœurs. Quant à l’infanticide en Ruthénie et en Artois de Charles Quint, il n’était pas du tout criminalisé[41]. Et pourtant, au cours des XVIe-XVIIe siècles il était défini en tant qu’un délit distinctif dans plusieurs Etats européens[42], comme en France en 1557[43] et en Angleterre en 1624.
…….Quant à la réelle politique punitive, au XVIe siècle les magistrats du Parlement de Paris et ceux de Bordeaux se focalisaient sur la poursuite d’homicide, de vol, de rapt de bigamie et de sodomie, en tant que crimes masculins. Ils prêtaient attention à l’infanticide, à l’adultère, à la paillardise et au maquerellage, en tant que crimes féminins[44]. En Ruthénie on ne remarque pas de différence dans le traitement judiciaire de la criminalité masculine et féminine. Ici l’ordre étatique à travers ses institutions locales manifestait de l’indifférence par rapport à la violence meurtrière, situation qui en partie était propre aux Pays-Bas du début du XVIe siècle où les crimes de sang continuaient à appartenir à la sphère privée[45]. En Allemagne le manque de sévérité envers l’homicide est frappant comme en Angleterre où au XVIe- première moitié du XVIIe siècles la justice insulaire punissait de mort surtout des coupables de vol, de brigandage ou de cambriolage[46]. Dans les grandes villes de la Couronne polonaise les crimes les plus sévèrement punis étaient l’homicide, l’infanticide, l’inceste, la sodomie et le vol[47].
De coté de peines on peut prendre pour exemple le développement de la justice française et en distinguer trois période majeures. La première était celle qui durait tout le Moyen Age jusqu’au début des temps modernes. A cette période la justice étatique n’est pas très sévère. Les rémissions royales étaient souvent accordées surtout pour les homicides non qualifiés. Les bannissements et les amendes dominent en tant que moyens coercitifs. Ensuite de la fin du XVIe et au XVIIe siècles vient la période des châtiments publiques corporelles, soit disant « le temps de supplices »[48]. Et à l’aube du XVIIIe siècle arrive le temps des compromis marqué par le remplacement progressif des peines corporels par d’autres types de châtiments, la prison et les galères par exemple.
Au cours des siècles qu’on a survolés trois modèles socio culturels se sont succédés en Europe Occidentale, celui de « l’honneur et de la honte » qui à duré jusqu’à la fin du XVIe siècle, celui « de l’obéissance » au roi absolu, qui à débuté avec l’éclatement des supplices et celui « de la culpabilité » qui présente le modèle contemporain[49]. Trois cultures, trois visions du monde, au fil du temps la violence directe, physique, interpersonnelle reculait progressivement en cédant la place aux autres formes de l’agressivité humaine. Aujourd’hui on ne sait plus user de la violence rituelle, celle qui protège l’honneur des gens et rétablit l’équilibre des forces dans la société. On a le droit de se défendre, mais on a perdu celui de défendre les autres. Les liens qui unissaient jadis les gens en clans, en communautés de voisinage et de métiers sont de nos jours dissous. Et en tant que victimes on n’existe plus, car c’est au nom de la loi et de l’ordre, notions infiniment abstraites, que régit le système coercitif de l’ordre étatique. Alors, on est seul devant le système de la violence dite « légitime » multivoque et omniprésente dans ses formes les plus élaborée de la violence symbolique, les discours sécuritaires y compris.

[1] Bruno Lemesle, Michel Nassiet, Pascal Quincy-Lefevre  » Introduction », dans « La violence et le judiciaire. Discours, perceptions, pratiques », sous la direction de Antoine Follain et autres, Presses Universitaires de Rennes, p. 9
[2] Claude Gauvard « Violence et ordre public au Moyen Age », Picard, Paris 2005, p. 11
[3] Robert Muchembled « Une histoire de la violence. De la fin du Moyen Age à nos jours », Editions du  Seuil, Paris, 2008, p. 21
[4] Claude Gauvard « Violence et ordre public… », p. 11, 16
[5] Robert Muchembled « Une histoire de la violence. De la fin du Moyen Age à nos jours », Editions du  Seuil, Paris, 2008, p.20
[6] Robert  Muchembled « Une histoire de la violence… » p. 70
[7] Robert Muchembled « Violence au village… », p. 27-28
[8] Claude Gauvard « Violence et ordre public…. », p. 246, 263
[9] Jean-Philippe Juchs « La faide entre discours royal et pratiques judiciaires en France dans la première moitié du XIVe siècle », in Normes juridiques et pratiques judiciaires du Moyen Age à l’époque contemporaine, sous la direction de Benoît Garnot, Editions Universitaires de Dijon, 2007, p. 52,
Dag Lindström « Les homicides en Scandinavie, analyse à long terme », in Histoire de l’homicide en Europe de la fin du Moyen Age à nos jours », La Decouverte, Paris, 2009, p. 262, 265
[10] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale? Les sociétés urbaines face à la violence en Europe (1300-1800), in Histoire de l’homicide…, p. 294
[11] Ibid.
[12] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 68
Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 274
[13] Gerd Schwerhoff « Justice et honneur. Interpréter la violence à Cologne (XVe-XVIIIe) siècle », in Annales. Histoire, Science Sociales, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, diffusion Armand Collin, 62e année, n. 5, septembre-octobre 2007, p. 1057
[14] Dag Lindström « Les homicides en Scandinavie, analyse à long terme », in Histoire de l’homicide en Europe, p. 255
[15] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?.. », p. 293
[16] Manuel Eisner, « Long-term historical trends historical trends in violent crime », in Crime and justice. A review of research, Edited by Michel Tonry, The Universuty of Chicago Press, Chicago and London, 2003, v. 30, p. 100
Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 69
[17] Xavier Rousseaux « Ordre moral, justice et violence: l’homicide dans les sociétés européennes XIIIe-XVIIIe siècle », in Ordre moral et délinquance de l’Antiquité au XXe siècle, sous la dir. de Benoît Garnot, Editions Universitaires de Dijon, 1994, p. 70
[18] Claude Gauvard « De grâce especial. Crime, Etat et Société en France à la fin du Moyen Age », Publications de la Sorbonne, 1991, v. 1, p. 241
[19] Robert Muchembled, « Fils de Caïn, enfants de Médée. Homicide et infanticide devant le parlement de Paris (1575-1604) », in Annales. Histoire, Science Sociales, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, diffusion Armand Collin, 62e année, n. 5, septembre-octobre 2007, p. 1069, 1073
[20] Robert Muchembled « La violence au village. Sociabilité et comportements populaires en Artois du XVe au XVIIe siècle », Editions Brepols, 1989, p.19
[21] Gregory Hanlon « Les rituels de l’agression en Aquitaine au XVIIe siècle », Annales ESC, mars-avril 1985, no 2, p. 248
[22] Tomás A. Mantencón « Homicides et violence dans l’Espagne de l’Ancien Régime », in Histoire de l’homicide en Europe, p.28, 47
[23] Claude Gauvard « Violence et ordre public… », p. 13
[24] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 302
[25] Xavier Rousseaux « Ordre moral, justice et violence… », p. 66
[26] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 68-69
[27] Norbert Elias « La civilisation des mœurs », Calmann-Lévy, Paris, 1973
[28] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 69
[29] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 275-276
[30] Pierre Noreau, «La norme, le commandement et la loi: le droit comme objet d’analyse interdisciplinaire», Politique et Société, v. 19, nos 2-3, 2000, p.163, 172
[31] Jean Carbonnier, Sociologie juridique, éd. QUADRIGE/PUF, 2004, (1ère édition 1978), Paris, p. 315, 356, 362
[32] Julian Pitt-Rivers « Anthropologie de l’honneur. La mésaventure de Sichem », Hachette, Paris, 1997.
[33] Claude Gauvarde « Violence et ordre public… », p. 16
[34] Claude Gauvard « L’honneur blessé dans les sociétés médiévales », in Vengeance. Le face-à-face victime/agresseur, Dirigé par Raymond Verdier, Editions Autrement, Paris, 2004, p. 160
[35] Raymond Verdier « Postface. De la vengeance à la réconciliation », in La vengeance. La vengeance dans les sociétés occidentales, textes réunis et présentés par Raymond Verdier, Editions Cujas, Paris, 1980, v. II, p. 193
[36] Nathalie Z. Davis « Les cultures du peuple. Rituels, savoirs et résistances au XVIe siècle », Paris, 1979, p. 290
[37] Raymond Verdier « Une justice sans passion, une justice  sans bourreau », in La vengeance. Vengeance, pouvoirs et idéologies dans quelques civilisations de l’Antiquité, textes réunis et présentés par Raymond Verdier et Jean-Pierre Poly, Editions Cujas, 1984, v. 3, p. 150-151;
Gérard Courtois « La vengeance, du désir aux institutions », in La vengeance. La vengeance dans la pensée occidentale, textes réunis et présentés par Gérard Courtois, Editions Cujas, Paris, 1984, v. 4, p. 29
[38] Philippe Robert, Francine Soubiran-Paillet, Michel van de Kerchove « Normativités et internormativités », Normes, normes juridiques normes pénales. Pour une sociologie des frontières, sous la dir. de Philippe Robert, Francine Soubiran-Paillet, Michel van de Kerchovn Collection « Logiques sociales », Déviance/GERN, Harmattan, 1997, t. 1, p.24
[39] Angèle Kremer-Marietti « Les fondements philosophiques du droit pénal », Version révisée d’un article publié dans Le Droit en Procès, Jacques Chevallier (éd.), Paris, PUF, 1983, Dogma. Revue électronique de sciences Humaines, http://dogma.free.fr/txt/AKM-droit_penal.htm
[40] Véronika Buteyko « Le droit pénal et les pratiques judiciaires pénales dans les terres ukrainiennes du Grand Duché de Lituanie aux XVIe siècle: une réalité métissée », in Normes juridiques et pratiques judiciaires du Moyen Age à l’époque contemporaine, sous la direction de Benoît Garnot, Editions Universitaires de Dijon, 2007, p. 398
[41] Robert Muchembled « Fils de Caïn, enfants de Médée… », p. 1075
[42] James Sharpe « Histoire de la violence en Angleterre (XIIIe-XXe siècles) in Histoire de l’homicide en Europep; 238
[43] Robert Muchembled « Une histoire de la violence… », p. 56
[44] Robert Muchembled « Fils de Caïn, enfants de Médée… », p. 1074
[45] Robert Muchembled « Fils de Caïn, enfants de Médée… », p. 1075,
James Sharpe « Histoire de la violence en Angleterre (XIIIe-XXe siècles) in Histoire de l’homicide en Europe…,p. 238-239
[46] Gerd Schwerhoff « Justice et honneur. Interpréter la violence à Cologne (XVe-XVIIIe)… » siècle », p. 1039
[47] Marcin Kamler « Les peines pour le vol à Cracovie et à Poznan’ dans la deuxième moitié du XVIe siècle », (en polonais: « Kary za kradzież w 2 połowie XVI wieku »), in L’ancienne société de Pologne, (en polonais: Społeczeństwo staropolskie), sous la réd. de Andrzej Wyczańskij, Editions scientifiques de Pologne, v. IV, Varsovie, 1986, p. 8
Hubert Łaszkiewicz « Les peines infligées par le tribunal urbain de la ville de Lublin dans la deuxième moitié du XVIIe siècle », (en polonais: « Kary wymierzone przez sąd miejski w Lublinie w drugiej połowie XVII wieku »), in Czasopismo Prawno-Historychne, v. XLI, cahier 2, 1989, p. 139-145
[48] Robert Muchembled « Le temps de supplices. De l’obéissance sous les rois absolus. XVe-XVIIIe siècle », Armand Colin, Paris 1992
[49] Xavier Rousseaux, Bernard Duvent, Aude Musin, « Civilisation des mœurs et/ou disciplinarisation sociale?… », p. 294
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• 25 juin 2011

Synthèse colloque du FIPAM, Société et Violence, tenu à Paris, 1, 2 et 3 avril 2011

Une centaine de personnes ont participé à ce colloque. Elles sont  venues des quatre coins de  la France,  d’Espagne, de Suisse, de Russie  et du Québec. Ce texte se veut davantage un partage de mes notes prises  en vrac plutôt qu’un résumé exhaustif du colloque. Je demeure le seul  responsable des interprétations concernant les allocutions et je  m’excuse à l’avance de mes omissions et biais auprès des conférenciers.

Le  colloque était organisé à la hauteur d’un colloque international :  qualité de l’accueil, des conférenciers, des échanges, de l’amphithéâtre  et la proximité d’une station de métro. Une vingtaine de conférences  ont été présentées en lien avec le thème du colloque : Violences et  société. Les organisateurs ont privilégié la formule en amphithéâtre  avec  un exposé de 45 minutes et un échange avec l’auditoire de 15  minutes.  La formule était adéquate tenant compte du thème retenu et du  nombre de participants.

La conférence d’ouverture de M.  Said a mis la table sur une définition de la violence, ses causes et ses  formes plus spécifiques dans les entreprises et les quartiers  identifiés à risques ou sensibles. Au cours du colloque différentes  perspectives théoriques ont été présentées : philosophique, éthologique,  historique, ethnographique, scientifique, thérapeutique, politique,  sportive, psychologique, sociologique et pragmatique.

M.  Henry Plée, pionnier dans l’introduction des arts martiaux en France, a  rappelé l’importance d’une approche éthologique pour comprendre  l’agressivité. Il a insisté sur le fait que la pratique des arts  martiaux vise  comme finalité l’épanouissement de la personne et la  recherche de paix. Mme Marie Savary a présenté la pensée de Paul  Chauchard qui a établi des liens entre l’éducation du système nerveux et  le zen.

Mme Véronika Buteyho s’est située sur une trame  historique pour montrer que la comparaison des problèmes de violence présents et passés ne peut faire l’économie de pratiques  d’autorégulation sociale.

Mme Jacqueline Bousquet a établi  un lien entre la physique quantique et la pratique des arts martiaux en  s’appuyant sur l’éveil  de nouvelles consciences, la science, la  tradition et le besoin « d’éplucher » l’égo.

M. Christophe Champclaux, a introduit, le vendredi soir, le film Opération Dragon dans sa version complète et inédite.

M.  Antoine Laborde qui a dû se désister à la dernière minute, s’est fait   remplacer par un orateur qui a montré les messages contradictoires que  nous véhiculons dans notre société et l’importance de la cohérence entre  nos paroles et nos actes.

Mme Dominique Campagna a  insisté sur le défi de créer des espaces pour entendre les jeunes. À  titre de thérapeute, elle a mis l’accent sur un passage par le corps pour ouvrir la dimension cognitive de l’être.

M. André  Cazetien a témoigné comment l’engagement social et les valeurs  humanistes ont contribué à la création d’une cité conviviale, dans le  Sud-Ouest de la France, où le respect, la démocratie, la justice  sociale, le dialogue, la fraternité et la solidarité s’actualisaient  dans les relations quotidiennes.

M. Jean-Marc Epelbaum a  présenté la réflexion d’un comité de l’ONU sur la non-violence au niveau  local. Il a tenté d’établir des liens entre ce comité et  son  expérience en aïkido.

M. Éric Phelippot a témoigné de  son expérience de sécurité urbaine à partir d’une agence privée. Son  exposé a illustré le défi que représente la gestion de la violence au  quotidien. Le recadrage du violent potentiel indique que ce dernier  ressemble à monsieur ou madame tout le monde et pas seulement à des  jeunes. La dernière foire de Tour, lui a permis de donner un exemple  percutant. Sur dix jours de festivités son service de sécurité est  intervenu dans 138 incidents. La pratique des arts martiaux, pour  lui   et ses employés, permet d’anticiper et de prendre des  coups, de tenter  de désamorcer les escalades vers la violence et d’assurer la sécurité du  plus grand nombre.

M. Jacques Vieillard a analysé la  relation entre le sport et la violence. À l’aide de tableaux  statistiques, de vidéos et d’images, il a démontré qu’il s’agit d’un  phénomène en croissance qui se manifeste sous diverses formes. Les  solutions efficaces demanderont des actions concertées à plusieurs  paliers : clubs, ligues, fédérations sportives, élus politiques,  citoyens, etc…Un engagement et  une responsabilité collective   s’avèreront incontournable   si nous avons une   volonté réelle  d’enrayer ce problème social. M. Serge Mairet a témoigné de l’apport des  philosophies orientales pour parvenir à une société plus pacifique. Des  principes comme le calme, l’harmonie, le relâchement, l’énergie (ki) et  le contrôle de l’esprit peuvent combattre la crainte d’autrui et  permettre l’ouverture à l’inconnu.

M. Pascal Le Rest, a  sans hésitation volé la vedette parmi les conférenciers. Ses talents  d’orateur et de comédien ont  su, à partir d’une description du mode de  vie d’une tribu de chasseurs-cueilleurs d’Amazonie, dégager l’importance  des rituels pour passer de l’enfance à l’âge adulte.  Ces repères  demeurent essentiels pour forger l’identité. Quels effets produisent nos  sociétés en perte de repères ? En conclusion, il insistait pour ne pas  oublier que les violences institutionnelles ( par exemple : des banques  et des empires financiers) demeurent  les principales responsables de  l’état des sociétés actuelles. Le rôle d’intervenant social dans ce  contexte en mouvance, il le perçoit comme celui d’un « passeur » qui  accompagne des êtres en devenir.

M. Charles Aubert a  témoigné comment sa pratique des arts martiaux avait modifié sa manière  de composer avec les événements de la vie.

M. Gérard Baron  a insisté sur le fait que la pratique des arts martiaux vise  principalement la maîtrise de soi. La violence est enfouie en chacun de  nous ce qui demande de prévenir les abus de pouvoir. Un passage à  l’action lui paraît nécessaire c’est pourquoi il travaille présentement à  l’élaboration d’une charte des arts martiaux pour éviter les dérapages.

M.  Omar Zanna a illustré comment une expérience de la douleur  corporelle  peut aider à prévenir la violence. Cette mise en scène de la douleur  entre pairs délinquants à partir d’activités physiques permet d’accéder  progressivement à une empathie socialisante pour reconnaître autrui. Mme  Mireille Grosjean a expliqué comment l’espéranto et l’aikido  représentent des langages universels. Ces moyens d’expression peuvent  faciliter le respect mutuel, la conformité à des règles et la recherche  de paix.

M. Jacques Hébert a discuté de l’orientation  donnée à ses expériences d’enseignement d’un art martial pour qu’elles  fassent  du sens au plan psychosocial. L’enseignement vise comme  finalité l’adoption de valeurs et de conduites pacifiques en canalisant  l’agressivité dans une voie positive. Un des enjeux consiste à    s’assurer de  transmettre ces notions.  Un constat ressort de plus en  plus des évaluations scientifiques, en plus de la  dimension technique,  l’enseignant doit introduire des éléments moraux et philosophiques  rattachés à ces disciplines sinon il augmente l’agressivité négative des  élèves. Ce dernier doit aider les pratiquants  à saisir l’importance de  pratiquer ces principes autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du dojo.  Des exemples sont venus illustrer  des façons de concrétiser des  animations dans ce sens.

En s’appuyant sur l’histoire de zazen, M. Daniel Lazennec a présenté une réflexion sur la manière de transformer l’égo à partir du zen pour  parvenir à un état de paix, de bonheur et d’amour. Il a mis l’accent sur  les notion d’équilibre, de vide et de tranquillité d’esprit qui  conduisent à l’impermanence. Messieurs Thierry Plée et Jacques Hébert  ont dégagé, en séance de clôture, quelques constats et interrogations.

La  violence renvoie à  une construction sociale. Elle représente une  notion relative en fonction du contexte social. Plusieurs définitions de  la violence se côtoient en fonction de choix théoriques et politiques.  Ces choix ne sont pas neutres et ils restent au centre des rapports  sociaux. Les  frontières  entre le permis et  l’interdit  ne sont pas  toujours évidentes à cerner et le système judiciaire ne peut tout  baliser. La violence peut prendre plusieurs formes : physiques,  psychologiques, sociales, politiques et institutionnelles. Certaines  violences sont davantage identifiées pour mieux en camoufler d’autres.  Sortir du cercle vicieux de la violence demandera une mobilisation  citoyenne au plan local et global.

L’objectif principal  des arts martiaux dans ce contexte vise à canaliser l’agressivité dans  une voie positive. Quelles conditions doivent être mises en place pour  respecter cette orientation ?  Cette contribution en vaut-elle la peine  dans un monde de plus en plus en manque de repères ? Que sommes-nous  prêts  à  mettre en place comme société pour assurer à chaque citoyen  des conditions de vie où  l’égalité, la sécurité, le respect, la dignité  et la justice sociale donneront un sens à son existence ?  À quand une  société misant sur l’intégration sociale de tous plutôt que l’exclusion  de plusieurs couches de la population ? L’exclusion représente  probablement  une des formes de violence des plus pernicieuses qu’il  faudra combattre pour bâtir un monde plus pacifique.

Thierry  Plée a conclu en présentant la mission, les buts et les sources de  financement de la FIPAM. Il a insisté sur le fait que cette nouvelle  association permet des contributions qui facilitent aux donateurs de  réductions significatives au niveau de leurs impôts. Il a souligné le  dévouement du comité organisateur et des bénévoles et il a remercié les  conférenciers et les participants pour la  réussite de ce colloque.

Par Jacques Hébert, professeur, École de travail social, Université du Québec à Montréal.

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• 24 juin 2011

INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011

Le karaté est un moyen pertinent de canaliser la violence des jeunes quand il convoque, dans le dojo, des rites où les symboliques construisent un imaginaire riche en références. Pour montrer cette pertinence, il s’agira d’explorer, ailleurs, chez les guerriers Guayakis, dans la forêt amazonienne, le sens des rites de passage et en quoi la violence peut être structurante dans un cadre donné.

Pascal LE REST est docteur en ethnologie et ethnométhodologue. Conseiller Technique à l’ADSEA 77, il est l’auteur de nombreux livres et notamment sur les arts martiaux (étudiés dans le cycle de formation des instructeurs en karaté de la région Centre). Il pratique le karaté shito-ryu shukokaï avec maître Tsutomu Kamohara, 7ème dan, depuis 1990, et l’enseigne également.

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