Bonjour,
Je viens de rajouter sur la page de st palais une vue aérienne du dojo « Coeur de bambou » à St Palais 64.
http://www.aidoi.com/stpalais/index.php
Bonne journée à toutes et à tous.
Djamel
Bonjour,
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http://www.aidoi.com/stpalais/index.php
Bonne journée à toutes et à tous.
Djamel
Bonjour à toutes et à tous,
La conférence et le stage à Toulouse sont terminés.
Voici des films réalisés durant ces 2 jours.
Spiritualité dans les actes.
Les 30 septembre, 1er et 2 octobre, le moine Zen Montagne de Paix est venu, du Temple de la Paix Infinie, transmettre l’enseignement d’éducation à la paix du cœur et ses conséquences dans les actions. Son enseignement est simple, humble et gratuit.
Programme : L’esprit du Zen dans l’Aïkidô : mettre ses actes en conformité avec la paix à construire en nous et avec les autres.
30 septembre de 19h15 à 20h45, 1er octobre : 10h30 à 12h ; 15h à 16h30.
Conférence : 17 h : « La paix et les gestes: interrogation et cohérence ». Méditation Zen Vekidjo : 20h30 à 21h30.
Adresses : LITVÍNOV UL. PODKRUŠNOHORSKÁ SPORTOVNÍ SOUKROMÁ ZÁKLADNÍ ŠKOLA
La spiritualité par le Zen Vékidjo : 2 octobre : 10h à 11h ; 11h30 à 12h30 ; 15h à 16h.
Conférence : 16h30 : « Zen et développement à la paix et à l’Eveil ». Adresse : 153 43513 Mirova, Mezibori
Martina Gothica Bacikova :
Votre séminaire a été très très bon. C’est ce que dit Eman. Je suis vraiment désolé que je n’étais pas ici. Rendez-vous sur le prochain séminaire.
Le 17 septembre prochain, le Centre Zen des Pyrénées fêtera ses 20 ans d’existence.
A l’occasion de cet événement, un énorme gâteau sera partagé entre toutes les personnes qui nous rejoindront. Ce sera l’occasion de visiter ce lieu qui allie la simplicité, l’authenticité et délivre, à travers l’arrangement du jardin, des messages essentiels, à la manière des Maîtres Zen (dispositions de pierres, stances, parfums de fleurs, etc.). C’est un peu comme un parcours initiatique inspiré des traditions orientales, adapté et actualisé pour répondre aux Occidentaux d’aujourd’hui, une application de l’ « Ici et maintenant » pour le « Partout et toujours ».
Et comme toute chose évolue, ce lieu est arrivé à maturité, il s’avère en fin de vie. Déjà le projet d’un nouveau Centre Zen est en cours, répondant mieux aux besoins d’accueil et aux conditions d’évolution. La maquette de cette « Université Être Occident Orient » sera dévoilée pour la première fois au public, à l’occasion de cet après-midi du 17 septembre.
Rendez-vous donc sur place, vous y découvrirez ce qui existe déjà près de chez vous et ce que vous trouverez bientôt, mis en place pour accompagner l’être humain sur son chemin d’évolution et dans son quotidien.
Bonjour à toutes et à tous,
En cette période de vacances, j’en profite pour mettre à jour le site avec les nouvelles dates de stages à partir de septembre 2011 jusqu’à aout 2012.
Stages de septembre 2011 à août 2012
22 et 23 octobre Toulouse 31
07 et 08 janvier à St palais 64
14 et 15 avril dans les Landes 40
Bon repos d’été.
Djamel
INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011
Il y a à mon sens une aggravation de la violence chez les jeunes, car ce qui ne se rencontrait auparavant que chez les jeunes défavorisés sur le plan social et culturel se rencontre aujourd’hui chez des jeunes dont les familles sont parfaitement intégrées à tous niveaux, socio- économique, culturel etc.
Un être humain ne développe que des capacités ou des contre-capacités qu’il rencontre autour de lui, de la même façon qu’il ne peut marcher et parler que si d’autres le font autour de lui. On peut donc se demander de quelles violences sont victimes les jeunes pour nous renvoyer un tel rejet et parfois même une telle haine.
La première violence pour moi est le fait de leur demander de s’adapter au monde tel qu’il est, alors que c’est un monde tellement imparfait que nous devrions avoir hâte de le voir s’écrouler. Mais là, l’obstacle est notre propre peur de lâcher le connu pour aller vers l’inconnu. Le sociologue David Riesman dans « La foule solitaire « disait déjà en son temps en parlant des parents américains et de leurs enfants : « plutôt que faire en sorte que leurs enfants d’adaptent au système, ils feraient aussi bien de leur tordre le cou ».
Cette adaptation passe par le système scolaire dont nous voyons bien qu’il est complètement déboussolé avec ses réformes et contre-réformes, qui témoignent d’une absolue ignorance de l’évolution de l’être humain. Je renvois au professeur en sciences de l’éducation Philippe Meyrieux, qui résumait ainsi la situation des jeunes face au système scolaire : « nous ferions mieux de leur poser des questions plutôt que de leur donner des réponses à des questions qu’ils ne se posent pas ; »
Une autre violence est de ne pas reconnaître leur âme, et ainsi de ne pas la nourrir, sans doute parce que nous ne reconnaissons pas la nôtre.
L’âme vit dans la région du milieu de l’homme tripartite (énergie dans le bassin, âme et sentiments dans la poitrine, pensée dans la tête).
Cette région de la poitrine se développe essentiellement entre 7 et 14 ans, la fameuse période de latence de la psychologie, au cours de laquelle se passe en réalité l’essentiel de l’évolution humaine. Les poumons ont fini de se former autour de 7 ans, et l’enfant peut alors éduquer son rythme : rythme respiratoire, cardiaque, rythme de l’âme avec les mouvements de sympathie et d’antipathie. Ce rythme se nourrit des rythmes rencontrés dans l’environnement, principalement dans les matières pédagogiques qui peuvent être tour à tour incarnantes (le français par exemple, qui ne se parle tel qu’il est aujourd’hui que maintenant et ici), ou excarnantes comme les mathématiques pour leur caractère universel et intemporel, et bien entendu, apprendre par cœur favorise cette maîtrise du rythme.
A cette région de l’âme et cette période entre 7 et 14 ans correspondent l’évolution de l’intelligence des mains, qui deviendra intelligence de la pensée, le langage, l’imaginaire et le sens du beau. Tous ces besoins ne sont satisfaits ni en milieu scolaire, puisque nous sommes obligés de faire faire aux enfants en cabinet de thérapie ce qui se faisait auparavant en milieu scolaire et dans les cours de récréation, ni dans les familles où règne la course à la réussite au détriment des valeurs essentielles que sont le temps, le partage, la communication.
Je renvois à mon article, « la pollution des enfants », dans la revue Paracelse d’Alain Scohy.
Ce qui me semble important aujourd’hui, c’est de savoir et de décider quel monde nous voulons pour nos descendants, quelle vie nous voulons pour notre terre, et cela nous amène,
nous les adultes responsables à faire un choix très important : soit faire en sorte que la jeunesse s’adapte au système en trouvant tous les moyens pour l’intégrer, en nous attendant à ce que tout explose un jour ou l’autre, car on ne va pas impunément contre la vie ; soit nous pouvons décider d’entendre ce que nos enfants ont à nous dire des facultés qu’ils amènent avec eux et qui sont largement différentes des nôtres, des besoins qu’ils ont pour faire croître ces facultés, c’est-à-dire l’aide qu’ils attendent de nous.
Rudolph Steiner disait en 1922, que les enfants des années 1980 et plus apporteraient avec eux de nouvelles facultés humaines, très importantes pour le devenir de l’humanité, et que ces facultés se retourneraient en leur contraire si elles n’étaient pas reconnues.
Tout est fait aujourd’hui pour que ces facultés se retournent en leur contraire, car les multiples peurs qui sont distillées dans le cerveau des gens nous amènent à fonctionner en cerveau archaïque, cerveau de la survie où il n’y a rien de propre à l’humain, simplement la survie animale.
Il me semble donc urgent et important que nos entendions notre jeunesse ; or elle ne nous parle pas. Je retrouve actuellement ce que j’ai connu quand je travaillais avec les jeunes des banlieues, où tout le monde parlait d’eux, sur eux, pour eux, mais eux-mêmes n’avaient pas accès à leur propre lange et à leurs propres sensations et sentiments. Ce qui est tout à fait normal puisque l’âme qui permet cela n’est pas développée.
Comment donc donner à nos jeunes le moyen de se relier à eux-mêmes, afin d’y découvrir ce qui s’y trouve, et de maîtriser le langage qui permettrait de l’exprimer ?
Rudolph Steiner, penseur du début du siècle, dans sa conférence « le marcher, parler, penser », disait que c’est la marche qui prépare le langage, et que le langage, une fois suffisamment mûri, accueille alors le Je à 3 ans, avec la marche croisée, la conscience réflexive ainsi que les facultés cognitives et d’adaptation. Les neurosciences lui ont donné raison, notamment le neurologue Antonio Damasio dans « L’erreur de Descartes », où il démontre à l’aide de cas cliniques, qu’une intelligence non reliée au sentiment (âme) et au biologique (métabolisme) ne fonctionne pas. Mais qu’est-ce donc que la marche ?
Le neurochirurgien américain, Temple Faye, a dû réapprendre à marcher à des blessés de la seconde guerre mondiale souffrant de lésions cérébrales. Il est donc parti sur les cinq continents, caméra au poing, pour observer comment les enfants s’y prenaient pour apprendre à marcher. Et il s’est aperçu que les enfants du monde entier font les mêmes mouvements, qu’il a appelé les patterns, ou mouvements patrons. Cette découverte extraordinaire a permis d’aider des milliers de personnes à retrouver les fonctions réflexes de la marche.
C’est ce travail que je fais en cabinet, la plupart du temps parce que les enfants ont des difficultés scolaires, car c’est ce qui fait réagir les familles ; et c’est toujours très surprenant d’observer qu’en travaillant sur le corps, en montrant au sujet comment il doit bouger pour se réapproprier par le mouvement une stabilité, un ancrage dans le sol, puis une marche libre et enfin une marche croisée, comment donc il se réapproprie ou améliore son langage, et surtout comment il a accès à sa propre parole, et enfin, puisque l’organisation neurologique de base se fait du bas vers le haut, comment sa pensée s’organise également dans les apprentissages et dans le relationnel.
J’observe aujourd’hui en cabinet que les enfants ne font plus ces mouvements, par manque de sécurisation je pense, ce qui les oblige à se redresser très vite pour contrôler leur univers.
Ce qui est grave, c’est qu’en court-circuitant cette première et essentielle étape de leur développement, les enfants d’aujourd’hui sont privés de ce qui les humanise, puisque la marche croisée, le langage structuré, et la conscience avec ses facultés d’adaptation et d’apprentissage sont propres à l’être humain.
Une première démarche simple à mettre en place, peu coûteuse et extrêmement efficace serait de remplacer dans les petites classes, la psychomotricité par la neuromotricité, et faire exécuter ces mouvements humanisants par les jeunes enfants.
Mais nous avons également un travail à faire sur nous-mêmes en nous efforçant de reconnaître les enfants d’aujourd’hui dans leur spécificité, et surtout de ne pas en faire des adultes miniatures, ce qu’ils ne sont absolument pas. Notre vue physique nous permet bien dans la nature de différencier une graine avec tous ses germes du fruit qu’elle va donner, car il y a une différence visible entre les deux ; en ce qui concerne l’enfant, si la différence est tout aussi réelle, elle ne se voit pas aussi aisément, et nous avons à affûter notre regard pour voir au-delà des apparences. Et nous avons également à les écouter, ce qui n‘est pas toujours aussi évident qu’il paraît, puisque l’on peut se croire à l’écoute et ne pas l’être avec toute notre profondeur, car l’autre ne nous parle que de là où nous l’écoutons.
En conclusion, ce n’est pas la violence de la jeunesse qui est à étudier, car une jeunesse qui ne serait pas violente serait une jeunesse endormie, donc vidée de sa substance propre. Le problème est que sa révolte aujourd’hui manque de générosité, d’altruisme. La jeunesse s’est toujours élevée contre l’injustice (âme) mais aujourd’hui elle ne s’oppose que pour des raisons de survie, car par manque de construction de son système nerveux sur un modèle humain, elle fonctionne en cerveau archaïque où toutes nos pulsions sont proches des pulsions animales et dans lequel ne se trouve ni sens du beau ni sens du juste, ni amour pour son prochain.
Dominique Campagna
Synthèse colloque du FIPAM, Société et Violence, tenu à Paris, 1, 2 et 3 avril 2011
Une centaine de personnes ont participé à ce colloque. Elles sont venues des quatre coins de la France, d’Espagne, de Suisse, de Russie et du Québec. Ce texte se veut davantage un partage de mes notes prises en vrac plutôt qu’un résumé exhaustif du colloque. Je demeure le seul responsable des interprétations concernant les allocutions et je m’excuse à l’avance de mes omissions et biais auprès des conférenciers.
Le colloque était organisé à la hauteur d’un colloque international : qualité de l’accueil, des conférenciers, des échanges, de l’amphithéâtre et la proximité d’une station de métro. Une vingtaine de conférences ont été présentées en lien avec le thème du colloque : Violences et société. Les organisateurs ont privilégié la formule en amphithéâtre avec un exposé de 45 minutes et un échange avec l’auditoire de 15 minutes. La formule était adéquate tenant compte du thème retenu et du nombre de participants.
La conférence d’ouverture de M. Said a mis la table sur une définition de la violence, ses causes et ses formes plus spécifiques dans les entreprises et les quartiers identifiés à risques ou sensibles. Au cours du colloque différentes perspectives théoriques ont été présentées : philosophique, éthologique, historique, ethnographique, scientifique, thérapeutique, politique, sportive, psychologique, sociologique et pragmatique.
M. Henry Plée, pionnier dans l’introduction des arts martiaux en France, a rappelé l’importance d’une approche éthologique pour comprendre l’agressivité. Il a insisté sur le fait que la pratique des arts martiaux vise comme finalité l’épanouissement de la personne et la recherche de paix. Mme Marie Savary a présenté la pensée de Paul Chauchard qui a établi des liens entre l’éducation du système nerveux et le zen.
Mme Véronika Buteyho s’est située sur une trame historique pour montrer que la comparaison des problèmes de violence présents et passés ne peut faire l’économie de pratiques d’autorégulation sociale.
Mme Jacqueline Bousquet a établi un lien entre la physique quantique et la pratique des arts martiaux en s’appuyant sur l’éveil de nouvelles consciences, la science, la tradition et le besoin « d’éplucher » l’égo.
M. Christophe Champclaux, a introduit, le vendredi soir, le film Opération Dragon dans sa version complète et inédite.
M. Antoine Laborde qui a dû se désister à la dernière minute, s’est fait remplacer par un orateur qui a montré les messages contradictoires que nous véhiculons dans notre société et l’importance de la cohérence entre nos paroles et nos actes.
Mme Dominique Campagna a insisté sur le défi de créer des espaces pour entendre les jeunes. À titre de thérapeute, elle a mis l’accent sur un passage par le corps pour ouvrir la dimension cognitive de l’être.
M. André Cazetien a témoigné comment l’engagement social et les valeurs humanistes ont contribué à la création d’une cité conviviale, dans le Sud-Ouest de la France, où le respect, la démocratie, la justice sociale, le dialogue, la fraternité et la solidarité s’actualisaient dans les relations quotidiennes.
M. Jean-Marc Epelbaum a présenté la réflexion d’un comité de l’ONU sur la non-violence au niveau local. Il a tenté d’établir des liens entre ce comité et son expérience en aïkido.
M. Éric Phelippot a témoigné de son expérience de sécurité urbaine à partir d’une agence privée. Son exposé a illustré le défi que représente la gestion de la violence au quotidien. Le recadrage du violent potentiel indique que ce dernier ressemble à monsieur ou madame tout le monde et pas seulement à des jeunes. La dernière foire de Tour, lui a permis de donner un exemple percutant. Sur dix jours de festivités son service de sécurité est intervenu dans 138 incidents. La pratique des arts martiaux, pour lui et ses employés, permet d’anticiper et de prendre des coups, de tenter de désamorcer les escalades vers la violence et d’assurer la sécurité du plus grand nombre.
M. Jacques Vieillard a analysé la relation entre le sport et la violence. À l’aide de tableaux statistiques, de vidéos et d’images, il a démontré qu’il s’agit d’un phénomène en croissance qui se manifeste sous diverses formes. Les solutions efficaces demanderont des actions concertées à plusieurs paliers : clubs, ligues, fédérations sportives, élus politiques, citoyens, etc…Un engagement et une responsabilité collective s’avèreront incontournable si nous avons une volonté réelle d’enrayer ce problème social. M. Serge Mairet a témoigné de l’apport des philosophies orientales pour parvenir à une société plus pacifique. Des principes comme le calme, l’harmonie, le relâchement, l’énergie (ki) et le contrôle de l’esprit peuvent combattre la crainte d’autrui et permettre l’ouverture à l’inconnu.
M. Pascal Le Rest, a sans hésitation volé la vedette parmi les conférenciers. Ses talents d’orateur et de comédien ont su, à partir d’une description du mode de vie d’une tribu de chasseurs-cueilleurs d’Amazonie, dégager l’importance des rituels pour passer de l’enfance à l’âge adulte. Ces repères demeurent essentiels pour forger l’identité. Quels effets produisent nos sociétés en perte de repères ? En conclusion, il insistait pour ne pas oublier que les violences institutionnelles ( par exemple : des banques et des empires financiers) demeurent les principales responsables de l’état des sociétés actuelles. Le rôle d’intervenant social dans ce contexte en mouvance, il le perçoit comme celui d’un « passeur » qui accompagne des êtres en devenir.
M. Charles Aubert a témoigné comment sa pratique des arts martiaux avait modifié sa manière de composer avec les événements de la vie.
M. Gérard Baron a insisté sur le fait que la pratique des arts martiaux vise principalement la maîtrise de soi. La violence est enfouie en chacun de nous ce qui demande de prévenir les abus de pouvoir. Un passage à l’action lui paraît nécessaire c’est pourquoi il travaille présentement à l’élaboration d’une charte des arts martiaux pour éviter les dérapages.
M. Omar Zanna a illustré comment une expérience de la douleur corporelle peut aider à prévenir la violence. Cette mise en scène de la douleur entre pairs délinquants à partir d’activités physiques permet d’accéder progressivement à une empathie socialisante pour reconnaître autrui. Mme Mireille Grosjean a expliqué comment l’espéranto et l’aikido représentent des langages universels. Ces moyens d’expression peuvent faciliter le respect mutuel, la conformité à des règles et la recherche de paix.
M. Jacques Hébert a discuté de l’orientation donnée à ses expériences d’enseignement d’un art martial pour qu’elles fassent du sens au plan psychosocial. L’enseignement vise comme finalité l’adoption de valeurs et de conduites pacifiques en canalisant l’agressivité dans une voie positive. Un des enjeux consiste à s’assurer de transmettre ces notions. Un constat ressort de plus en plus des évaluations scientifiques, en plus de la dimension technique, l’enseignant doit introduire des éléments moraux et philosophiques rattachés à ces disciplines sinon il augmente l’agressivité négative des élèves. Ce dernier doit aider les pratiquants à saisir l’importance de pratiquer ces principes autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du dojo. Des exemples sont venus illustrer des façons de concrétiser des animations dans ce sens.
En s’appuyant sur l’histoire de zazen, M. Daniel Lazennec a présenté une réflexion sur la manière de transformer l’égo à partir du zen pour parvenir à un état de paix, de bonheur et d’amour. Il a mis l’accent sur les notion d’équilibre, de vide et de tranquillité d’esprit qui conduisent à l’impermanence. Messieurs Thierry Plée et Jacques Hébert ont dégagé, en séance de clôture, quelques constats et interrogations.
La violence renvoie à une construction sociale. Elle représente une notion relative en fonction du contexte social. Plusieurs définitions de la violence se côtoient en fonction de choix théoriques et politiques. Ces choix ne sont pas neutres et ils restent au centre des rapports sociaux. Les frontières entre le permis et l’interdit ne sont pas toujours évidentes à cerner et le système judiciaire ne peut tout baliser. La violence peut prendre plusieurs formes : physiques, psychologiques, sociales, politiques et institutionnelles. Certaines violences sont davantage identifiées pour mieux en camoufler d’autres. Sortir du cercle vicieux de la violence demandera une mobilisation citoyenne au plan local et global.
L’objectif principal des arts martiaux dans ce contexte vise à canaliser l’agressivité dans une voie positive. Quelles conditions doivent être mises en place pour respecter cette orientation ? Cette contribution en vaut-elle la peine dans un monde de plus en plus en manque de repères ? Que sommes-nous prêts à mettre en place comme société pour assurer à chaque citoyen des conditions de vie où l’égalité, la sécurité, le respect, la dignité et la justice sociale donneront un sens à son existence ? À quand une société misant sur l’intégration sociale de tous plutôt que l’exclusion de plusieurs couches de la population ? L’exclusion représente probablement une des formes de violence des plus pernicieuses qu’il faudra combattre pour bâtir un monde plus pacifique.
Thierry Plée a conclu en présentant la mission, les buts et les sources de financement de la FIPAM. Il a insisté sur le fait que cette nouvelle association permet des contributions qui facilitent aux donateurs de réductions significatives au niveau de leurs impôts. Il a souligné le dévouement du comité organisateur et des bénévoles et il a remercié les conférenciers et les participants pour la réussite de ce colloque.
Par Jacques Hébert, professeur, École de travail social, Université du Québec à Montréal.
INTERVENTION LORS DU COLLOQUE DU FIPAM EN AVRIL 2011
Le karaté est un moyen pertinent de canaliser la violence des jeunes quand il convoque, dans le dojo, des rites où les symboliques construisent un imaginaire riche en références. Pour montrer cette pertinence, il s’agira d’explorer, ailleurs, chez les guerriers Guayakis, dans la forêt amazonienne, le sens des rites de passage et en quoi la violence peut être structurante dans un cadre donné.
Pascal LE REST est docteur en ethnologie et ethnométhodologue. Conseiller Technique à l’ADSEA 77, il est l’auteur de nombreux livres et notamment sur les arts martiaux (étudiés dans le cycle de formation des instructeurs en karaté de la région Centre). Il pratique le karaté shito-ryu shukokaï avec maître Tsutomu Kamohara, 7ème dan, depuis 1990, et l’enseigne également.