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• 8 février 2016
L’instinct de survie et le processus d’agressivité sont inscrits au profond de chacun(e), dans notre cerveau reptilien. Dans les relations, alors qu’elles dérangent, les réactions viennent souvent de cet espace cérébral, comme une sorte d’auto-défense archaïque.
La peur est née de nos émotions. En se manifestant, elle engendre la fuite quand cela est possible. Sinon, notre système de défense archaïque prend le dessus.
Ces deux dynamiques fréquentes ont bien été identifiées par les créateurs des Budô. Ainsi, leur enseignement était en partie de développer des réponses par l’apprentissage. La mise en situation de relations mettant en danger l’intégrité a été la dynamique éducative éclairant et compensant la violence archaïques et les peurs.
Aménageant peu à peu les règles et les outils des Bushidô, les fondateurs ont permis l’expression des violences et des peurs puis un certain dépassement de celles-ci. Les règles ont par exemple instauré des distances, mis des limites aux techniques, défini des rôles, etc, empêchant les accidents. Les outils se sont mus de sabre en shinaï ou en bokken. Bref, les Budô ont à la fois “dégonflé” les élans de violences et de peurs puis les ont canalisés grâce à l’intelligence et à l’éducation. Dans le même temps, les Budô ont également donné l’illusion aux pratiquants qu’ils seraient “protégés” des agressions extérieures et éclairés sur leurs propres productions de violences, dans leur vie quotidienne et au dehors des lieux de pratique.
Au dehors, les limites de la violence et des peurs ayant été repoussées, les capacités de les apaiser ayant augmentées, les adaptes se sentent en sécurité plus importantes qu’avant leur contact avec les Budô. Les Budô ont participé à leur évolution et les ont éduqués à d’autres relations, éloignées des anciennes.
Ainsi, trois des grands fondateurs de Budô : les maîtres Jigoro Kano, Moriheï Ueshiba et Gishin Funakoshi assignèrent-ils à leur Budô comme objectif la non-violence. Maître Ueshiba allant jusqu’à la proposition de la création d’un monde nouveau.
Serait-ce parce que les capacités de réponses aux stress relationnels aient été augmentées que la non-violence s’établirait naturellement : telle une conséquence automatique aux heures de pratique dans la salle d’entraînement ?
Ainsi s’épanouirait-il un sentiment de compréhension envers son prochain, envers tous : chaque pratiquant(e) de Budô se verrait sans attitude, sans comportement et sans parole empreintes de dualité ?
combien d’heures de pratique seraient-elles nécessaires ou bien à quel niveau attesté le Budôka correspondrait-il aux souhaits des fondateurs ?
S’il n’en était pas ainsi, à quoi servirait le Budô ?
Les maîtres fondateurs auraient-ils manqué leur but initial ?
La non-violence promises par les fondateurs ne serait pas automatique, comme un fruit dont l’agriculteur se serait occupé avec attention depuis les premiers bourgeons du printemps ?
De ces interrogations et à partir des réponses, comment l’être s’exprime dans ses attitudes et ses gestes, par définition non-verbaux ? Y constate-t-on la non-violence, l’équanimité ?
Par Monto De Patso
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